L’anti-promotion de soi
Le Christ sur l'ânon, musée Victoria & Albert, Londres

 

L’anti-promotion de soi : l’exemple du Christ

Philippiens 2. 6-11 est un hymne en l’honneur du Christ. Il met en relation, on pourrait dire en tension plusieurs vérités essentielles sur sa personne et son œuvre :

la suprématie, la supériorité divine absolue du Christ : sa préexistence, sa divinité, son égalité avec Dieu
– le choix de se dépouiller : son incarnation, sa vie humaine dans l’humilité, sa mort volontaire sur la croix
– l’exaltation, l’élévation par Dieu le Père, l’autorité du Christ sur toute la création.

Ces paroles s’adressent à des chrétiens égoïstes, trop préoccupés d’eux-mêmes et de leurs droits et donc tentés d’être désagréables avec les autres.

En effet, l’Église de Philippes était en danger. Une tendance malsaine à la compétition s’infiltrait parmi ses membres avec un fort risque de division.

D’où la recommandation du v. 3 :

Ne faites rien par ambition personnelle ni par vanité » et celle du chapitre 4.2 : J’encourage Evodie et j’encourage Syntyque, deux femmes en service dans l’Église à être bien d’accord dans le Seigneur.

Paul demande donc de pratiquer le service chrétien dans une attitude humble, qui s’intéresse au bien de l’autre, qui se dévoue pour les autres.
Et surtout avec une mentalité et une pratique de la vie chrétienne sur le modèle du Christ

Philippiens 2.5-11

5. Cultivez cet état d’esprit [voir 2:1-4] dans votre communauté, qui est en fait une communauté dans le Christ Jésus
6 Bien que [x] étant sous la forme de Dieu,
Il n’a pas[y] considéré son égalité avec Dieu comme quelque chose à exploiter à son propre avantage,
7 mais[z1] il s’est vidé/dépouillé lui-même,
en prenant la forme d’un esclave, c’est-à-dire, en naissant à l’image de l’être humain.
Et étant trouvé sous forme humaine,
8 il[z2] s’est humilié lui-même en devenant obéissant à la mort,
même la mort sur une croix.
9 C’est pourquoi Dieu l’a souverainement exalté
Et lui a attribué le titre[ou le nom] qui se trouve au-dessus de chaque titre[ou nom],
10 Et ainsi au nom de Jésus chaque genou doit fléchir,
dans le ciel et sur terre
11 et toutes les langues doivent proclamer que Jésus Christ est Seigneur,
à la gloire de Dieu le Père.

Plan
I. Bien que … Non pas .. Mais : une anti-promotion de soi surprenante, inattendue
II. Bien que …Non pas … Mais : une révélation inattendue de la divinité
III. C’est pourquoi : l’exaltation du Christ par Dieu

I. Bien que … Non pas … Mais : une contre-promotion de soi surprenante, inattendue

Bien que [x] étant sous la forme de Dieu, Il n’a pas[y] considéré son égalité avec Dieu comme quelque chose à exploiter à son propre avantage, 7 mais[z1] il s’est vidé/dépouillé lui-même, . il[z2] s’est humilié lui-même

Bien que …Non pas …Mais :

La puissance dans la faiblesse, quand on parle de Dieu,  c’est une notion contre intuitive, paradoxale. Si c’est puissance, ce n’est pas faiblesse.

Puissance dans la faiblesse, c’est contraire à ce qui se pense couramment à propos de la divinité. et du style de vie des puissants.

A l’époque, puissance seulement ! C’était ainsi que se comportaient les empereurs romains. Et aujourd’hui ? Qu’en est-il ?

Philippiens 2.5-11 tient compte de 3 réalités habituelles, admises dans la culture de l’époque :

  • l’idéologie et la réalité de l’esclavage,
  • l’idéologie et la poursuite de l’honneur chez les citoyens romains,
  • la théologie et les pratiques du culte impérial soutenu par l’élite locale.

Et en contraste avec cet arrière-plan, le texte dépeint le Christ préexistant, le Christ qui existait de toute éternité comme la « forme de Dieu ». Il décrit le Christ se dépouillant lui-même. Le Christ dans la faiblesse .

Le contraire d’Adam qui s’exalte lui-même et l’opposé des empereurs romains qui se glorifient eux-mêmes en se prétendant dieux

Bien qu’étant sous la forme de Dieu / divin

Le v. 6 affirme la préexistence du Christ et son égalité avec Dieu.
« Sous la forme de Dieu » fait référence à la 2e personne de la Trinité. Dans l’AT celle-ci se manifestait parfois sous la forme de l’ange de l’Éternel, une préfigure du Christ. Le Christ possédait donc le statut divin.

Égal avec Dieu

Il n’a pas[y] considéré son égalité avec Dieu comme quelque chose à exploiter à son propre avantage

La question s’est posée :

  • est-ce que pendant son incarnation sur terre, le Christ possédait déjà l’égalité avec Dieu
  • ou bien, est ce qu’il essayait de la saisir

L’expression « exploiter à son propre avantage « se réfère toujours à quelque chose qu’on possède déjà et qu’on a à sa disposition ».
Alors la question n’est pas de savoir si on possède quelque chose, mais si on choisit ou non de l’exploiter, d’en profiter.

En fait le Christ est égal à Dieu. Sa nature essentielle (la forme de Dieu, la divinité) est immuable. Il est et sera toujours Dieu.
Mais pour son mode d’existence (“égalité avec Dieu “) il peut choisir et d’ailleurs il a choisi de l’échanger contre une autre manière de mener sa vie terrestre.

Bien que … non pas … Mais

Mais[z1] il s’est vidé/dépouillé lui-même,.il[z2] s’est humilié lui-même

Ces paroles soulignent la manière dont le Christ a géré sur terre son statut de Dieu, son égalité avec Dieu. Il n’a pas profité de sa position divine, de sa puissance à son avantage.

Au contraire, il s’est humilié, il s’est dépouillé lui-même. (2.7-8)

Il n’a pas exploité son égalité avec Dieu pour lui-même.
Pour lui, être égal à Dieu ne signifiait pas tout prendre pour Lui-même, mais juste l’opposé – tout donner.

7 mais[z1] il s’est vidé/dépouillé lui-même,
en prenant la forme d’un esclave, c’est-à-dire, en naissant à l’image de l’être humain.
Et étant trouvé sous forme humaine, 8 il[z2] s’est humilié lui-même
en devenant obéissant jusqu’à la mort., même la mort sur une croix.

Paul fait ici un résumé des trois étapes de la vie du Christ.

Selon les critères du monde romain, c’est une succession d’humiliations, de dégradations du statut social, un parcours de la honte, de l’humiliation.

C’est l’opposé du cursus honorum, le parcours aux honneurs du monde romain. Ce parcours des honneurs permettait aux citoyens déjà riches (évidemment) d’accéder aux niveaux de plus en plus élevés de la magistrature publique, l’idéal de la réussite à cette époque.

Pour le Christ, au contraire, c’est le parcours de la honte, le mouvement descendant.
Du plus haut, l’égalité avec Dieu au plus bas  l’acceptation de l’humanité et du statut d’esclave, l’humiliation publique, la mort sur une croix, la dégradation totale.

D’abord le Christ préexistant en forme de Dieu s’est abaissé et s’est dépouillé dans l’incarnation. Pas comme homme riche et puissant mais comme pauvre avec les pauvres.

Lui qui était riche, il s’est fait pauvre à cause de vous 2 Corinthiens 8:9

Ensuite, Jésus homme a continué dans l’obéissance cette humiliation, cet abaissement jusqu’à la mort par crucifixion, la mort des criminels et des esclaves.

Il s’est vidé, il s’est dépouillé

Contrairement à la doctrine de la kénose (du verbe grec du v. 7 ekenosen il s’est vidé )  le Christ ne s’est pas dépouillé de sa divinité, il ne s’est pas dessaisi de la divinité, il ne l’a pas abandonnée. Mais il l’a tenue voilée pour un temps.

Il a toujours gardé la capacité d’exercer les attributs divins, les capacités divines dans ses miracles : calmer la tempête, guérir les malades, ressusciter les morts.

Mais jamais aucun miracle à son profit

Bien que fils de Dieu, non pas « je change les pierres en pain »  mais je continue dans l’obéissance à Dieu mon Père

Et surtout pas de miracle pour forcer la main à Dieu ou pour épater la galerie

Non pas « je me jette du haut du Temple parce que Dieu a promis de me protéger et que ça fera un effet impressionnant «  mais je continue dans l’obéissance à Dieu mon Père.

Et toujours sous la dépendance de Dieu son Père.

Dépouillé en forme d’esclave, jusqu’à la condition d’un esclave

Le Christ divin s’est vidé, il s’est dépouillé en devenant humain, en prenant la forme d’un  esclave (μορφὴν δούλου λαβών), alors qu’il existait en forme de Dieu (le même mot au v. 6 ἐν μορφῇ θεοῦ ὑπάρχων)

Paul ne dit pas que le Christ avait l’apparence extérieure d’un esclave, ni qu’il se déguisait en esclave. Il dit plutôt que le Christ a adopté la nature ou les attributs caractéristiques d’un esclave.

Être esclave dans l’Empire romain signifiait être complètement privé de tout droit.
Un esclave était un bien à acheter et à vendre.
L’esclavage privait une personne même du droit de disposer de sa propre vie.

Le Christ était comme un esclave, c’est à dire il s’est dépouillé de tous ses droits et de toutes ses garanties.

II. Parce que … Non pas … Mais : une révélation inattendue de la divinité

Une citation de Calvin : « l’humilité de la chair a couvert la majesté divine comme un rideau »

En fait, l’humiliation de l’incarnation et de la croix révèle la majesté divine, comme un voile transparent “Regardez ici pour voir la vraie divinité“, dit Paul

Oui, l’humilité du Christ révèle plutôt qu’elle ne cache sa divinité.

Mais cette révélation n’est pas facile à accepter en tant que telle, car elle est totalement inattendue de la part du Messie, de l’envoyé de Dieu.

Le Christ est de condition divine, vraiment divin, en forme de Dieu. (selon les traductions). On attendrait donc de sa part un certain comportement, correspondant à ce statut divin.

Mais il a renversé et déconstruit cette attente en se dépouillant et en s’humiliant.

C’est un comportement contraire aux critères et aux attentes habituels

Selon les critères humains habituels, quelqu’un en forme de Dieu, quelqu’un de divin ne consentirait jamais à s’incarner et surtout pas à se laisser crucifier.

L’empereur romain qui se fait appeler dieu se conduit, pense-t-on couramment, comme devrait se conduire un dieu du pouvoir et de la puissance.

Et à toutes les époques, le dieu du pouvoir et de la puissance n’est pas le Seigneur Dieu révélé en Jésus-Christ que cite Philippiens 2:6-11. C’est une idole.

Le dieu “normal” de la religion civile, de la religion liée au pouvoir politique combine patriotisme et pouvoir. « Gott mit uns » disaient dans les années 30 le régime nazi et ses supporters.

De nombreux dirigeants à travers les âges et dans le monde et en particulier dans l’Amérique du Nord et du Sud actuelles, ont fait appel à ce dieu de la religion civile pour asseoir leur pouvoir. On a fait de ce dieu du pouvoir militaire le conducteur des croisades du Moyen Age et d’aujourd’hui.

Et la population les a suivis en reniant ce qui fait la beauté et la force de la foi biblique. Que reste-t-il en effet de la foi et de la conduite de vie évangélique dans une telle déviation.
Le dieu de la puissance civile ou militaire n’est pas le dieu qui se révèle dans la croix de Jésus Christ. Et ces conceptions fausses et trompeuses de « puissance divine » n’ont rien à voir avec la majesté ou la sainteté du Dieu trinitaire manifestées dans la faiblesse de la croix… Le dieu civil est tout simplement une idole.

L’histoire du Christ est contre-intuitive

Alors, selon l’idée courante qu’on se fait de la divinité, de la puissance et des avantages sans limite qu’elle pourrait procurer, l’histoire du Christ est contre intuitive, à l’inverse de toute attente, anormale et apparemment absurde.

Le Christ aurait pu profiter de sa position divine. Il ne l’a pas fait.

Mais il s’est dépouillé, humilié. Il a agi selon son caractère. Il a montré qu’il était Dieu

Alors on peut dire aussi “parce que[x] non pas[y] mais[z]”.

Parce que il était Dieu, Jésus n’a pas fait ceci mais il a “fait cela : un comportement paradoxal, contre intuitif contraire à la tendance naturelle à la volonté de puissance.

Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? (Actes 1.6)
Évidemment un royaume terrestre avec de postes à pourvoir

Ordonne, lui disait un peu plus tôt la mère de Jacques et Jean, Ordonne que mes deux fils que voici s’assoient l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ton royaume (Mt 20.22)

J’ai longtemps pensé que la mère demandait pour ses fils une place privilégiée au ciel, dans le royaume céleste. D’ailleurs, dans Marc, les fils demandent eux-mêmes. Ou alors ils y tiennent tellement qu’ils s’y prennent en deux fois.

En fait, il s’agit plutôt d’un poste de premier ministre ou de dignitaire bien en vue – à l’avis de beaucoup – dans un royaume bien terrestre. Le royaume d’Israël que le Messie guerrier devrait bien rétablir par les armes en chassant les Romains. Le jour des Rameaux, on y a cru, la foule s’est imaginée que c’était gagné. Raté. Ce n’était pas dans l’optique du Christ.

Mais plutôt : et juste après la demande

Jésus les appela et dit : Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en seigneurs, et que les grands leur font sentir leur autorité. Il n’en sera pas de même parmi vous. Au contraire, quiconque veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. (Mt 20. 25-28)

Et Jésus a mis en application ce modèle de comportement pendant le dernier repas avec ses disciples. Il s’est mis à la place d’un esclave et il a lavé les pieds des disciples. Il a mis de côté ses vêtements, tout comme il avait mis de côté sa splendeur royale.

Paul applique ce modèle de comportement

Nous n’avons jamais cherché à être applaudis par les hommes, pas plus par vous que par d’autres, alors même qu’en tant qu’apôtres du Christ, nous aurions pu vous imposer notre autorité.
Au contraire, pendant que nous étions parmi vous, nous avons été pleins de tendresse. Comme une mère qui prend soin des enfants qu’elle nourrit, ainsi dans notre vive affection pour vous, nous aurions voulu, non seulement vous annoncer l’Évangile de Dieu, mais encore donner notre propre vie pour vous, tant vous nous étiez devenus chers. 1 Thessaloniciens 2, 6-8, Semeur

Paul donne d’autres exemples de sa liberté qu’il a choisi d’exprimer dans l’amour.

En tant qu’apôtre, il était libre, il avait le droit d’avoir une femme, le droit d’être payé pour son ministère, Mais il a librement choisi de ne pas exercer ces droits et pouvoirs mais plutôt de se donner et se dépenser librement pour le bien des autres. (D’après 1 Corinthiens 9)

Il a agi ainsi parce qu’il est un apôtre du Seigneur crucifié qui a aimé et s’est donné lui-même. Ainsi en renonçant à ses droits, Paul agit selon son caractère, et non en dehors de son caractère d’apôtre.

Une manière de suivre le Christ

Imitez-moi comme moi-même j’imite le Christ (1 Corinthiens 11,1).

Ce n’est pas une option, c’est un appel fait aux chrétiens à exercer leur véritable identité et leur véritable liberté de chrétien dans la conformité au Christ.

Il ne s’agit pas de nier son identité chrétienne ou son statut particulier dans la société ou dans l’Église, de les vider, de les mettre de côté. Il s’agit bien plutôt de les exercer comme un acte d’amour semblable à celui du Christ

Pour Paul, l’amour ne cherche pas son propre intérêt mais plutôt celui des autres (1 Corinthiens 13), C’est le sens principal de la conformité au Christ.

La liberté et l’identité chrétiennes se révèlent dans l’accomplissement du “non pas … mais”

La preuve qu’on possède vraiment le statut de chrétien, éventuellement de responsable, dans la société ou dans l’Église, c’est le refus de l’exploiter égoïstement, à son profit.

C’est une manière de l’exercer de manière si désintéressée qu’on semble avoir renoncé à ce statut, c’est à dire aux avantages qu’il pourrait procurer. Mais en fait, c’est une manière de l’exercer différente de l’habitude, de la normale,.

III. C’est pourquoi : l’exaltation du Christ par Dieu

9 C’est pourquoi Dieu l’a souverainement exalté et lui a attribué le titre[ou le nom] qui se trouve au-dessus de chaque titre[ou nom],
10 Et ainsi au nom de Jésus chaque genou doit fléchir, dans le ciel et sur terre
11 et toutes les langues doivent proclamer que Jésus Christ est Seigneur,
à la gloire de Dieu le Père.

La vraie divinité manifestée dans l’humilité et l’obéissance

Ce n’est pas à cause de son dépouillement et de son humiliation, volontairement choisis, que Dieu a justifié et exalté Jésus.

Plutôt Dieu a publiquement justifié et reconnu ce dépouillement, cette humiliation de Jésus comme la manifestation de la vraie divinité que Jésus avait déjà.

Ainsi le culte rendu par toutes les créatures à Jésus comme Seigneur (c’est-à-dire YHWH, le Dieu d’Israël) est parfaitement approprié.

La reconnaissance d’un comportement divin

L’exaltation, l’élévation de Jésus n’est pas la récompense divine pour son incarnation et sa mort en tant que serviteur de Dieu souffrant.

Mais Dieu reconnaît ainsi que le comportement de serviteur souffrant de Jésus est en fait un comportement vraiment “seigneurial”, un comportement divin

L’humilité de Jésus : l’essence même de la divinité

Jésus ait fait preuve de l’humilité qui est l’essence même de la divinité. C’est la raison pour laquelle Dieu l’a tant élevé.

L’obéissance de Jésus démontre qu’il est vraiment le Fils de Dieu, l’image, le reflet et la gloire de Dieu. Contrairement à Adam, il n’exploite pas son statut de porteur de l’image de Dieu. Il ne se sert pas lui-même, mais il sert les autres, en accomplissant leur rachat du péché.

Dans sa conduite de serviteur souffrant et obéissant sur le modèle « bien que » ou « parce que » … «non pas » …. «mais » le Christ montre non seulement sa vraie divinité mais aussi sa vraie humanité.

Conclusion

Le Dieu contraire à toute imagination, hors de toute récupération, le Dieu qui s’est révélé en Christ dans le dépouillement, dans et par la croix, c’est l’Éternel qui se donne soi-même, c’est le Dieu du pouvoir dans la faiblesse. La croix, c’est la signature de l’Éternel.

Dans un monde comme le nôtre et celui de Paul, où le pouvoir se manifeste par l’affirmation de soi, la recherche du profit et la domination, le Christ révèle que la puissance de Dieu, en fait sa nature trinitaire est démontrée au monde par l’acte de se dépouiller soi-même. C’est la disposition fondamentale de la relation éternelle du Père, du Fils et de l’Esprit.

En tant que communauté chrétienne, notre but, notre manière d’être et d’agir devrait permettre à la vie et à l’Esprit de ce Dieu, d’affluer en nous et de demeurer en nous pour une vie conforme au projet de Dieu.
Mais jamais une recherche de puissance et d’avantages personnels selon une fausse conception de l’exercice du pouvoir.

C. Streng