Fonctionnement du soi et dysfonctionnement

Soi et solidité des décisions

Jeanne Farmer  développe la distinction entre le fonctionnement du  soi «solide » et celui du  « pseudo soi ». Ainsi une personne qui s’est convertie à une religion différente de celle de sa famille et qui a résisté à leurs tentatives de récupération exprime son « moi solide ».

En revanche la personne qui change de religion dans un groupe qui « offre une appartenance forte comme dans les sectes » (p. 87)  exprime plutôt son pseudo-soi. Un choix reflétant l’identique ou l’inverse des valeurs familiales « manifeste une réaction émotionnelle, donc le pseudo-choix », alors qu’un choix modéré et réfléchi « reflète le choix solide » (p. 81).

Différenciation et fusion émotionnelle dans le couple

Les deux pseudo-soi d’un couple « fusionnent pour former le système émotionnel nucléaire décrit dans le livre de Bowen La Différenciation du Soi .

« Plus le niveau de différenciation est bas, plus la fusion émotionnelle sera intense…. L’un des époux… prend les décisions pour le soi commun. L’autre s’adapte, (donnant) un exemple « d’emprunt et de vente du soi » (p. 88)…

Avec deux personnes dominantes il y a conflit, avec deux personnes « adaptés » il y a paralysie des décisions. Position dominante ou adaptative <emdépendent plus de « la position de chacun dans sa famille d’origine » (p. 88) que du sexe. La fusion entraîne l’angoisse de l’un ou l’autre avec « mise à distance émotionnelle » (p. 88)  ou émergence de symptômes dans le couple ou chez les enfants.

Manque de différenciation et symptômes dans la famille

Une famille bien différenciée peut ne pas montrer de symptôme même en cas de stress. En revanche, un manque de différenciation provoquera des symptômes, même sans stress. Les tensions du couple ne sont pas forcément préjudiciables si elles laissent les enfants « en dehors du processus ».

Mais « un modèle bancal » de rôle parental risque de se reproduite dans la génération suivante. « La focalisation sur un enfant … produit …un niveau de différenciation » inférieur à celui des parents. C’est « le processus de projection familiale » (p. 89)

« Les péchés des pères » dans le fonctionnement d’une famille sur plusieurs générations

Ce processus illustré par « l’évolution d’une famille sur plusieurs générations » montre des courbes ascendantes et descendantes.

« Si nos rôles … résultent…de plusieurs générations de fonctionnement familial, … les péchés des pères … seraient… punis sur les enfants jusqu’à la… quatrième génération ».(Genèse 43.7)

« Le péché …étant ce qui manque la cible », un conjoint qui s’adapte à l’autre au point d’avoir des symptômes, un autre « qui sur fonctionne » en handicapant ses enfants est aussi coupable que celui qui commet des péchés grossiers.

« Connaître le Christ » : différentiation de soi et maturité spirituelle

Cependant, « connaître le Christ …donne un grand avantage » car Dieu donne à sa vie du sens et « une ligne de conduite… objective et raisonnée ». Selon « des recherches historiques, … cela produirait une plus grande différentiation de soi » (p. 92).

« La maturité spirituelle, …c’est… la maturité émotionnelle avec l’amour pour Dieu et les autres » (p. 93).

Cette différenciation de soi se travaille, qu’on soit chrétien ou non. Pour Dieu, le plus important c’est l’amour. Même si nous ne réussissions parfaitement, tout en faisant de notre mieux, il nous rendra parfaits à sa venue.

La mise à distance émotive et la position dans la fratrie

Mise à distance émotive pour gérer la dépendance émotionnelle

Nous craignons de déplaire et avons du mal à « accepter des différences ». Nous essayons de les « minimiser … ou de réduire le contact », d’autant plus que « le niveau d’indifférenciation est important » (p. 95).

La mise à distance émotive est un moyen de gérer la dépendance émotionnelle, ou attachement non résolu avec les parents. C’est équivalent au niveau d’indifférenciation, par le repli sur soi, jusqu’à la schizophrénie ou par la distance, physique et (ou) intérieure.

Risque pour le couple

Agir ainsi dans un couple, c’est risquer « des relations de plus en plus courtes » et se retrouver seul. Fuir ou ne pouvoir quitter sa famille procède du même type de « dépendance/allergie » (p. 96) ou fusion/indifférenciation. Ce rejet provoque un dysfonctionnement avec coupure grandissante dans les générations suivantes.

Gérer un mise à distance émotionnelle nécessaire

La mise à distance émotionnelle  se manifeste différemment aux Etats-Unis – relation distante et formelle avec quelques visites – et en France où « définir des limites est plus difficile que maintenir le contact » (p. 96).

Mieux vaut un « projet de différentiation » dans la famille qu’ « une mise à distance » (p. 98).

Avec quelqu’un de dysfonctionnel, ou dangereux, le contact direct n’est pas toujours possible mais la communication indirecte (courrier) fait progresser dans une relation « plus calme et réaliste» (p. 98).

Personnalité et fonctionnement parmi les frères et soeurs d’une famille

Selon Constellations fraternelles et structures familiales de Walter Toman, (p. 99) repris par Bowen, notre personnalité et notre mode de fonctionnement dépendent de notre position dans la fratrie.

Profils types de frères et soeurs

L’aîné d’un frère est un meneur, son cadet l’admire et apprend de lui. L’aîné d’une sœur la protège et la rend dépendante des hommes. Une grande sœur dirige ses cadettes, celles-ci, plus libres qu’elle, sont dépendantes d’elle. L’aînée d’un frère le materne donc il est déresponsabilisé et plutôt égoïste.

Ces profils-types permettent d’étudier « comment la personne remplit sa fonction » (p. 99).

Fonctionnement dans la famille

Un aîné bien différencié fonctionne normalement, sur fonctionne parfois sans excès. Fortement triangulé, il abandonne le rôle d’aîné au cadet qui devient « l’aîné fonctionnel ». Dans une famille peu différenciée, le cadet plus irresponsable que l’aîné « peut devenir le « raté » de la famille (p. 99).

« L’ « échelle » d’harmonie ou de conflit » (p. 99) de Walter Toman aide à comprendre les relations dans le couple ou avec des amis. Une position complémentaire dans la fratrie, par exemple grand- frère d’une sœur et petite sœur d’un frère …favorise une relation harmonieuse.

Entre aîné d’une sœur et aînée d’un frère, il y a conflit de rang, entre grand frère de frères et petite sœur de sœurs, conflit de sexe (p. 102).

Le risque de divorce est alors plus grand si un couple conjugue deux types de conflit. Les couples avec conflit de rang devront négocier leur fonctionnement, souvent « en se spécialisant dans leurs domaines de responsabilité » (p. 102).

Ces caractéristiques se retrouvent chez des personnages bibliques. Ruben l’aîné tente de sauver Joseph, Marthe sur fonctionne…

Le processus du changement

Changement en profondeur ou déplacement superficiel

A cause de son anxiété, la personne qui souffre « fonctionne sur la base de sa programmation émotionnelle… et ne prend pas assez de recul pour comprendre le fonctionnement …global …du système et sa propre participation » (p. 105).

L’activité du néocortex (siège dans le cerveau de la pensée analytique et de la créativité) diminue au profit de celle du cerveau reptilien (siège de la programmation primitive). Il y a  un sur fonctionnement réactif et rigide vis à vis de nos actions et de celles des autres.

Réflexion, prière, aide  nécessaires

Se calmer, à l’aide de la prière, de l’aide d’un ami, par la réflexion, est la condition pour aller mieux. Un véritable changement inclut la connaissance – du système de relations – et aussi l’ action pour changer le fonctionnement de l’individu… L’essentiel n’est pas le contenu du problème mais son traitement dans le processus de relations.

Les quatre phases du changement

1. Identifier le processus, les thèmes (sur ou sous fonctionnement, triangles, rôle lié à la position dans la fratrie, mise à distance relationnelle). Interroger sur fonctionnement des relations familiales en cherchant les répétitions dans le passé.

2. Identifier le rôle de la personne elle-même. Est-il identique ou différent de celui de la famille. Choisir entre assumer son mode de vie ou accuser les autres ou les circonstances.
Un fonctionnement ou son contraire (p. 108) peut se répéter alternativement : grand-père autoritaire, fils laxiste, petit fils autoritaire. Accepter « la responsabilité de son fonctionnement » est indispensable.

3. Etablir un plan pour changer notre contribution au comportement qui provoque le problème et « résister aux pressions » (p. 109).

4. Evaluer le résultat obtenu et « corriger le tir » (p. 110) , avec l’aide d’ « un vis à vis objectif » (p. 111)

Après les trois premières phases, temporaires, « le but à long terme est un niveau de différentiation …plus élevé » (p. 113) qui réduira l’anxiété et le retour du symptôme.

Vraie amélioration et pas seulement changement des circonstances

Une amélioration, due à une modification des circonstances, n’est pas un vrai changement, avec progrès de la « solidité émotionnelle ». C’est un « déplacement…avec des fluctuations dans le niveau de fonctionnement ». « Un déplacement est en rapport avec une relation, un changement … avec des principes personnels » (p. 113)… avec le soi solide.

Ecoute de Dieu et  différentiation de soi 

Se conduire par des principes et pas par des réactions

Augmenter le niveau de différentiation de soi (p. 116) , être capable d’exprimer ses pensées, son individualité demande de séparer réaction et émotion. Cela exige aussi de nous conduire plus par principes de vie que par réactions émotionnelles.

Défaire les triangles

La maturité émotionnelle, la différentiation de soi, consiste à repérer les triangles dans notre famille et à dé trianguler en ayant une relation personnelle avec chaque personne, sans digression sur les autres.

Relation personnelle avec Dieu et recentrage de la vie

De plus, par sa relation personnelle avec Dieu … le chrétien reçoit un point de vue objectif sur lui-même et ses relations. C’est un recentrage radical de sa vie (p. 117). Il peut ainsi passer du centrage sur soi avec ses réactions de défense caractéristiques du péché originel à la confiance en Dieu qui connaît ses besoins et ceux des autres. « L’écoute de Dieu doit être au centre de notre vie » (p. 119)

Quelques points importants pour la  progression spirituelle et relationnelle

Jeanne Farmer résume quelques points de The Spirit of the Disciplines de Dallas Willard (1988), (en anglais) importants pour la  progression spirituelle et relationnelle.

– Pour des performances de haut niveau, il faut un entraînement.

De même la vie de disciple, exige « une association profonde avec des personnes qualifiées, une structuration rigoureuse du temps et de la nourriture, des activités appropriées pour le corps et l’Esprit … qui donnent la maîtrise du corps …et des performances impressionnantes dans la vie publique » (p. 121)

Ainsi sont cités les exemples de vie disciplinée de Jésus, Paul, des saints catholiques et des Réformateurs « dont la vie a été transformée par des pratiques régulières » (p. 121).

– Avec la pratique, l’entraînement devient plus aisé

– Le salut est plus « une marche dans le temps » qu’un événement

Cette vie n’est vécue que quand nous sommes en contact avec Jésus (p. 122)
Les disciplines spirituelles aident le corps à retrouver sa place de serviteur, sans le mépris du corps du Moyen Âge.

« Les disciplines spirituelles nous rendent plus aptes à une vie d’amour pour Dieu et pour les autres … Un corps … discipliné devient un moyen de transmission du pouvoir spirituel » (p. 123) car il se rapproche de ses capacités d’avant la chute.

Rappel des objectifs du livre 

Jeanne Farmer  rappelle les objectifs de son livre, à propos de la responsabilité personnelle, de la vérité dite dans l’amour, et de la relation personnelle avec Dieu qui ne remplace pas mais renforce le travail de différenciation sur soi, et de responsabilisation, en interaction avec notre famille

Evaluation d’ensemble

« Je comme unique » est un livre facile à lire. Il apporte des notions nouvelles et bien documentées dans la connaissance de soi et des autres.
Le jeu de mots sur le titre est tout un programme : le « je » est unique, d’autant plus qu’il est bien différencié. Et le « je communique », de façon saine et sainte, sans « trianguler », sans utiliser les autres à son profit.

Personnalité et relation avec les autres

Le fonctionnement de la personnalité en soi et dans ses relations avec les autres est décrit dans des termes simples. Le vocabulaire psychologique est toujours explicité, par des mises en situations réelles, réalistes ou possibles et par des références à des exemples bibliques. L’appel à l’expérience personnelle donne de la chaleur et de la vivacité au propos.

Maturité et différentiation

L’explication de la maturité/différentiation de soi ou de sa carence est claire, fondée sur la connaissance du fonctionnement physiologique du cerveau. L’observation d’exemples précis  le corroborent. Elle est surtout réaliste et réalisable, car les processus décrits éveillent des échos et incitent à une réflexion à posteriori sur des situations observées ou plus personnelles.

Limites de la responsabilité

A qui se culpabilise de ne pas en avoir fait plus pour satisfaire le bonheur de l’autre, elle rassure en traçant les limites de notre responsabilité : « ce que nous faisons pour lui ».
A qui se demande quelle position prendre entre deux personnes en désaccord, elle explique que ces relations-là n’appartiennent pas à notre royaume, à notre champ de responsabilité. Nous n’avons pas à nous en mêler.
C’est un soulagement et aussi une prise de conscience. Epoux(se), père ou mère de famille, citoyen(ne), chrétien(ne), nous n’avons pas tout assumer. Nous n’avons pas besoin non plus de  nous faire des reproches parce que nous n’avons pas réussi à tout régler autour de nous. Evidemment, il na faut pas que ce soit le prétexte pour fuir nos responsabilités. Réalisme donc dans un monde de performances à tout prix.

Une « non différenciation »

La différenciation de soi est bien détaillée. On se souvient alors de faits connus ou vécus. On saisit peut-être enfin l’explication d’une situation qui n’avait pas été comprise.

Pourquoi un mari a-t-il quitté le domicile conjugal ? Inexplicable jusqu’à ce que soient reliés plusieurs éléments glanés au cours de la lecture et le souvenir du fonctionnement familial.

Il s’agit d’une famille cohésive. Personne n’ose rien dire à cause de la santé de la femme. Chacun des conjoints  manque de différentiation par rapport à sa  propre famille. L’épouse sous-fonctionne, presque totalement relayée par le mari et les enfants. Elle se situe au bas de l’échelle de différentiation, recherchant toujours le soulagement immédiat. L’expression « trouver du bien-être dans les relations » évoque alors des souvenirs, même après des années…

Des « triangulations »

Un autre concept utile à comprendre est celui de la triangulation. C’est tellement courant, tellement pavé de bonnes intentions et parfois tellement hypocrite, On le traduit en langage familier par « cancans, racontars » : deux contre le ou la troisième. On se cache derrière l’excuse fallacieuse d’en parler pour prier à son sujet.

Cela ne laisse pas le lecteur indemne. Il se rappellera les triangulations subies dans l’enfance, suite logique des triangulations familiales. Il regrettera aussi de s’être laissé soi-même entraîner à ce genre de « géométrie » ou de l’avoir consciemment pratiqué avec de bonnes excuses.
On se rend compte que les dégâts dépassent l’immédiat. Il faudra du courage pour dé trianguler, remettre en place, au moins ce qui est encore possible.
Notons, avec une admiration particulière la réaction saine et courageuse d’un pasteur qui a osé transmettre, sans diffuser le racontar, le « colis » remis par erreur.

Certaines triangulations peuvent durer très longtemps sans être percées à jour. C’est seulement après de très nombreuses années parfois que le premier concerné a  enfin la preuve, par des voies détournées, que le soi disant « mauvais témoignage »  reproché était en fin de compte du vent, pour ne pas dire de la calomnie.

Un diagnostic indispensable

Donc le diagnostic permis par la lecture du livre est utile. Il  aide à réfléchir, à faire le point à posteriori, quand les choses sont passées. Il aide à remercier Dieu et ceux qui ont aidé à panser les blessures et à guérir l’âme blessée. Cependant, la lecture au moment même des faits aurait peut-être éveillé des réactions trop douloureuses. Dieu, dans sa grâce donne les bons remèdes et celui-ci convenait au bon moment.

Se situer entre « diseur de vérité » et « faiseur de paix ».

Il permet  de rétablir l’équilibre entre

  • l’éternel (le) « rouspéteur (se) ». Il (elle) devra essayer de prendre en compte aussi le point de vue des autres, de ne pas attiser les situations déjà brûlantes en assénant brutalement certaines vérités
  •  « l’arbitre » au dessus de la mêlée, tenté parfois de ne pas « se mouiller », de ne pas chercher la vérité des faits pour maintenir la paix.

Les deux rôles sont parfois joués par la même personne à des moments différents, même si ses tendances la portent à choisir plutôt celui qui correspond à sa personnalité.

Dans certains cas risqués, le diseur de vérité glisse lâchement vers le mauvais côté, ou côté factice du faiseur de paix. A contrario, un sursaut de courage transforme celui qui ne dit rien pour conserver la paix dans la famille ou dans l’Eglise en courageux diseur de vérité.

Un soi solide dans ses décisions

La définition du soi solide aide à renforcer des convictions. Elle montre que la conversion, le choix de vie différent de celui des parents,  était solide. Ce n’était pas la réaction d’un pseudo choix fluctuant.
La distinction faite entre les deux notions (pseudo-soi et soi solide) peut aussi être un critère pour juger de la validité d’une décision.

Un premier contact avec les notions de différenciation et de dysfonctionnements causés par l’indifférenciation, et leur explication psychologique.

Alors on se rappelle le passé. On remercie le Seigneur qui a donné à notre vie du sens, « un objectif raisonné… et une plus grande différentiation de soi ». C’est lui qui a fait passer de l’infantile, fusionnel, fugitif ou réactif à l’adulte en voie de maturité.

Relations et fonctionnement dans des domaines de responsabilité

La relation dans le couple selon la position dans la fratrie se vérifie bien, en particulier dans le cas de « spécialisation dans des domaines de responsabilité » et aussi de compétences.
Ainsi l’épouse informaticienne est incapable de participer à la conversation dans la langue étrangère que son mari parle couramment.  Mais le mari, aux prises avec un problème sur son ordinateur l’appelle au secours !
Ceci se vérifie aussi dans le cas de la mère dominatrice. Si elle excelle dans un domaine, la fille en est incapable. Elle subit  la pression comparative et a une impression d’incapacité, consciemment ou inconsciemment inculquée. Mais elle « brille » dans des domaines étrangers à ceux de la mère.

Changer de comportement

Les processus expliqués pour arriver à un bon fonctionnement sont assez clairs à comprendre, au moins intellectuellement. Mais il faut déjà beaucoup de maturité et aussi de l’aide pour les entreprendre, … pour changer notre comportement qui provoque le problème.

C.S.

 Note Les ouvrages cités en complément peuvent aider à progresser et il serait intéressant de les lire en entier.