Introduction

Peu de temps après les débuts de l’Église d’Éphèse, des fausses doctrines ont commencé à se répandre. Il fallait agir.
Dans trois passages du dernier chapitre de sa 1e lettre à Timothée, l’apôtre  Paul exhorte ce responsable de l’Église d’Éphèse à combattre le bon combat de la foi.

1 Timothée 6.3-5

Si quelqu’un enseigne de fausses doctrines, et ne s’attache pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé d’orgueil, il ne sait rien; il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons, les vaines discussions d’hommes corrompus d’entendement, privés de la vérité, et croyant que la piété est une source de gain.

1 Timothée 6.11-13

Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses, et recherche la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur. Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d’un grand nombre de témoins, devant Dieu qui donne la vie à toutes choses, et devant Jésus-Christ qui fit une belle confession devant Ponce Pilate.

 

et les versets 20-21 qui concluent le chapitre 6 et la lettre.

O Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science dont font profession quelques-uns, qui se sont ainsi détournés de la foi. Que la grâce soit avec vous !

 

 L’Église d’Éphèse

Éphèse était la capitale de la province romaine d’Asie Mineure (Turquie actuelle). Son Église a été fondée par Paul pendant son 3e voyage missionnaire. Il l’a enseignée pendant presque 3 ans.

Avant de s’embarquer pour Jérusalem, Paul rencontre les anciens de l’Église à Milet. Il leur recommande de prendre garde à eux-mêmes et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit les a établis évêques.( Ici, évêque a le sens de « surveillant »).

Paul les avertit ainsi :

Par la suite des loups cruels s’introduiront parmi eux et n’épargneront pas le troupeau. Des hommes parmi eux enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Actes 20.28-29.

Quelques années plus tard, quand l’apôtre écrit sa première lettre à Timothée, les loups ravagent les Églises : ils s’attaquent à des points fondamentaux de la doctrine et de la vie chrétienne.

L’ambiance religieuse à Éphèse

Du côté de la ville

Le culte à l’empereur romain considéré comme un dieu permet de contrôler le loyalisme politique.
Les cultes traditionnels aux dieux païens (comme Jupiter, Apollon) sont liés à la politique et à l’économie de chaque ville.

A Éphèse en particulier, la Diane protectrice de la ville est un exemple de syncrétisme ou mélange religieux entre la mythologie grecque et un symbole oriental de fécondité. On vend au marché des statuettes qui la représentent. Cela procure la richesse à la ville mais surtout aux fabricants.

Dans les premiers temps du ministère de Paul, les nouveaux convertis à la foi chrétienne rejettent l’idolâtrie, donc les statuettes. Ils provoquent ainsi une « crise économique » pour les fabricants. S’en suit une manifestation qui se transforme en émeute dans toute la ville. Actes 19 23-40 le raconte avec un humour certain.

Du côté de l’Église

Deux ou peut-être même trois sortes d’origine pour les convertis
– des juifs en contact avec la pensée et la culture grecque,
– des prosélytes, des grecs en contact avec la foi juive
– des grecs venus directement du paganisme

Plusieurs des convertis ont gardé les préjugés de leur ancienne religion. La tentation du syncrétisme est bien présente. Aujourd’hui le supermarché des religions = on en prend un peu ici, un peu là pour se faire son propre mélange religieux.

 

Combats le bon combat de la foi

 I. Contre qui et quoi : les fausses doctrines de ceux qui se sont détournés de la foi (6.3-5)

Surtout des gens issus du judaïsme…(Tite 1.6 : de la circoncision )
Ils ont bien commencé dans la foi et dans la vie chrétienne. Ils ont même enseigné dans l’Église. Mais ils se sont ensuite détournés de la vérité.
Timothée doit les avertir de ne pas enseigner des doctrines étrangères à la foi (1 Timothée 1.3)
Les plus déviants d’entre eux sont cités, Hyménée et Alexandre (1 Timothée 1.20).

L’enseignement déviant est précisé dans 2 Timothée 2.17 : Hyménée et Philète prétendent que la résurrection a déjà eu lieu.

Un portrait percutant du faux enseignant

Paul fait un portrait percutant du faux enseignant , celui qui enseigne de fausses doctrines
Paul le définit comme un malade intellectuel, il a l’intelligence faussée. En fait, c’est un ignorant bouffi d’orgueil. Il se complait en disputes creuses et sans fin sur les mots. Il perd contact avec la vérité

il est enflé d’orgueil, il ne sait rien; il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons, les vaines discussions d’hommes corrompus d’entendement, privés de la vérité, et croyant que la piété est une source de gain. 1 Timothée 6.4-5

Les faux enseignants ne sont pas intelligents car au fond, ils ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni les sujets sur lesquels ils se montrent si sûrs d’eux-mêmes. 1 Timothée 1.7

A force de vouloir faire admirer leur prétendue connaissance (1 Timothée 6.20), et d’en tirer profit financièrement, ils se détournent de la foi (1 Timothée 6.21). Ils entraînent toute une suite avec eux. Ils renversent la foi de quelques uns (2 Timothée 2.18)

 Ce qui les a fait dévier: l’orgueil et l’appât du gain

L’orgueil d’abord

Celui de la position sociale, de la notoriété religieuse. A Éphèse, les Juifs étaient nombreux dans la haute société. Ils pouvaient briller devant des gens ignorants ou peu instruits. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois

L’appât du gain

croyant que la piété est une source de gain (1 Timothée 6. 5b)

Paul trouve normal qu’un responsable d’Église soit soutenu financièrement par la communauté (1 Timothée 5: 17-18).
Il n’accepte pas que l’annonce de la Parole soit un moyen de se faire de l’argent (1 Timothée 6.5). Les leçons particulières des faux enseignants données dans chaque maison sont loin d’être gratuites.

Leurs méthodes

Des leçons particulières très bien payées

Pour éviter d’être contrôlés par l’Eglise, ils s’introduisent dans les maisons pour donner des leçons particulières très bien payées. Ainsi ils perturbent les familles.

En se parant du titre de docteurs de la loi sans être à la hauteur de leur ambition

Ils forment leurs petites Églises personnelles en se faisant appeler docteurs de la loi connaisseurs et spécialistes.

En fait ils ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni ce qu’ils affirment. (1 Timothée 1.7)

Le jeu cruel de la concurrence

Quand plusieurs de ces « docteurs » se trouvent confrontés, la jalousie éclate au grand jour. Chacun est pour l’autre un concurrent à abattre parce qu’il lui fait de l’ombre et lui « pique » sa clientèle donc sa source de gain.

Tous les moyens sont bons :

  • discussions interminables,
  • diatribes, c’est à dire conflits en paroles qui se répètent ou se prolongent. Cela provoque de l’irritation et des friction
  • logomachie qui consiste à discutailler sur de petites différences entre les mots, à parler plus fort et plus vite que les autres
  • dénigrements réciproques et soupçons malveillants.(1 Timothée 6.4)

Et de nos jours : comment devenir riche ?

Les 11 et 12 mai 2013 à Rouen, Benny Hinn, du mouvement Word and Faith, connu aussi sous le nom de 3e vague, demandait aux gens de répéter : « Dieu fait de moi un millionnaire, Dieu fait de moi un millionnaire ». Mais pour arriver à cette « bénédiction » (entre « » note du rédacteur), il faut semer, mettre de l’argent dans une enveloppe pour l’œuvre. Et prétendent-ils, Dieu le rendra au centuple.
« J’espère que vous n’allez pas demander une enveloppe pour donner 10 euros… pour donner 50 euros… Donnez au moins 100 euros ».

Cette application des principes de l’Evangile de prospérité est scandaleuse. C’est ré particulièrement révoltant dans les pays pauvres d’Amérique latine, dAsie et d’Afrique. Les gens se démunissent du nécessaire.

Celui qui reçoit au centuple et s’enrichit indument, c’est en réalité seulement le prédicateur. C’est celui qui lance toute l’affaire, celui qui est au sommet de la pyramide. Il reçoit l’ensemble des collectes et s’en attribue la plus grande partie… voitures de luxe, jets privés etc.

Une drôle de manière de se croire appelé par Dieu

Un membre d’une Église dit un jour à son pasteur : « Je veux faire des prédications ».
Le pasteur ne répond pas tout de suite, il lui faut réfléchir.
Par la suite, la personne en question profère des menaces,  crée un nouveau groupe avec des personnes détachées de l’ancienne Église. Le voilà devenu  pasteur/gourou auto proclamé.

Les activités des faux enseignants

D’abord ils complètent l’enseignement de la Parole

Les faux enseignants commencent d’abord par ajouter leurs idées à l’enseignement de la Bible. Il faut la rendre attrayante, disent-ils pour les gens venus du paganisme grec.

Ainsi on interprète allégoriquement des passages de l’Ancien Testament (Philon d’Alexandrie). On révise les généalogies juives en ajoutant des héros grecs aux patriarches hébreux. D’après un historien juif (Malchus), une petite-fille d’Abraham, (Aphra cherchez-la dans la Bible !!!) serait devenue femme d’Hercule. On invente les histoires les plus rocambolesques pour servir d’illustration. (Livre des Jubilés dans les Récits intertestamentaires).

Paul recommande de ne pas s’attacher à des fables et des généalogies sans fin  (1 Timothée 1.4)

Ensuite ils dénaturent l’enseignement de la Parole par une philosophie dualiste, une connaissance spéciale présentée comme un plus

La philosophie dualiste, gnostique d’origine grecque considère l’esprit, le monde des idées, comme bon. Elle méprise le monde des sens, la matière est mauvaise et méprisable.
Cette philosophie recommande donc soit de réprimer les besoins physiques normaux et légitimes soit de les laisser se défouler sans frein.

Dans le premier cas des prescriptions légalistes à propos de la nourriture, du mariage et de la sexualité ont trouvé des promoteurs et des adeptes de l’Antiquité à nos jours.

Ils prescrivent de ne pas se marier, et de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés. 1Timothée 4.3

On trouve des exemples dans Colossiens 2.20 ‘ne touche pas, ne prends pas… ‘
Ou alors c’est le désordre sexuel cité dans 1 Corinthiens 5.

Des recommandations particulières bien sûr présentées comme un « plus ».

On recommande une connaissance spéciale, une gnose qui va améliorer la qualité de la relation avec Dieu. Cette connaissance spéciale va faire évoluer l’âme dans les sphères supérieures en la débarrassant des contraintes inférieures, matérielles.

Mais un « plus » qui éloigne du Christ

Ce n’est pas un « plus » inoffensif. Au contraire, c’est bien s’éloigner de la vérité fondamentale.

Jésus-Christ est suffisant pour le salut. Il n’y a rien à rajouter, ni lois, ni interdictions humaines au salut par la foi seule. S’éloigner de ce centre de gravité fait diverger vers des erreurs et parfois vers des énormités théologiques et morales. Ergoter sur des détails conduit à oublier l’essentiel.

Dualisme d’aujourd’hui

Le mouvement Word and Faith a des accents dualistes.
Son promoteur Kenyon était influencé par une secte, la Science chrétienne de Mary Baker Eddy. Kenyon sépare la connaissance de la révélation et la connaissance des sens. Selon son enseignement la connaissance de la révélation vient de l’esprit de Dieu, elle est supérieure. La connaissance des sens vient du monde, elle est inférieure, limitée à l’environnement physique. Elle handicape le développement de la première.

Une autre énormité : la connaissance de la révélation serait venue seulement avec les écrits de Paul. Pierre et Jean ne connaissaient pas tous les détails de la vie éternelle.

Une interprétation déviante de la résurrection

Hyménée a été exclu de l’Église (1 Timothée 1.20). Avec Philète, il prétend que la résurrection a déjà eu lieu et il détourne des gens de la foi (2 Timothée 2.17-18).

A propos de résurrection, il faut se reporter à 1 Corinthiens 15. Paul développe une argumentation détaillée contre ceux qui disent qu’il n’y pas de résurrection des morts (1 Cor 15. 12 ss)

Confusion entre conversion et résurrection

Pour les hérétiques d’Éphèse, c’est un peu différent. Ils confondaient la conversion et la résurrection. Pour eux, la résurrection avait déjà eu lieu. On trouve une trace, peut-être le point de départ de la déviation à Corinthe, dans le reproche fait par Paul à des Corinthiens enflés d’orgueil. 1 Corinthiens  4.6

Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, sans nous vous avez commencé à régner. Et puissiez -vous régner en effet, afin que nous aussi nous régnions avec vous ! 1Corinthiens 4.8

Il y avait probablement une mauvaise compréhension de l’enseignement de Paul. En fait les chrétiens convertis ont été ressuscités avec le Christ (Romains 6.8-9), ils partagent son règne glorieux dans les lieux célestes (Éphésiens 2.6 ; Colossiens 2.12). La promesse de « régner avec Christ » prendra effet à la fin des temps, pas avant.

Les faux docteurs prétendent que le chrétien expérimente déjà tout de suite les bienfaits promis à la résurrection : « Déjà …vous avez commencé à régner »

Pour cette déviation, la vie du monde à venir, c’est pour aujourd’hui. Les réalités du monde physique, maladies, mort, pauvreté, on les ignore…

Des petits dieux toujours riches et bien portants. Mais…

Selon l’enseignement de Word and Faith, l’homme avait une nature divine, car il a été créé comme dieu de la terre. A la chute, il a reçu la nature pécheresse du diable, il est devenu comme Satan. A la conversion, il regagne les attributs de sa divinité, il doit donc être « toujours riche et bien portant »

Tilton « Vous êtes des créatures divines, vous êtes des dieux »
Autre affirmation : « La prospérité matérielle est la volonté de Dieu pour tous les croyants »

Une manière spéciale de comprendre Marc 10.30 : « Donnez une maison et recevez une centaine de maisons ou une maison d’une valeur de cent fois autant. Donnez un avion et recevez une centaine de fois la valeur de l’avion. Donnez une voiture et le retour serait vous fournir une vie entière avec des voitures. En bref Marc 10:30 est un très bon deal » (G Copeland)

Et si un agriculteur donne une vache, il en recevra donc cent d’un coup. Que va-t-il en faire ?

Paul : une vie chrétienne entre le « déjà », et le » pas encore »

Paul dénonce cette interprétation mensongère : c’est vrai, le chrétien est déjà sauvé, mais il n’est pas encore au ciel.

Entre les deux,  le « déjà » et le « pas encore » il s’agit de vivre la vie chrétienne dans une bonne perspective, avec fidélité et endurance

Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui; 12 si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui; si nous le renions, lui aussi nous reniera; 13 si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même (2 Timothée 2. 11-13)

 II. Combattre de quelle manière ?

Il faut parfois prendre du recul pour réfléchir et prier

Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses  (1 Timothée 6.11)

Ne pas se mêler automatiquement de toutes les querelles mais réfléchir avant d’intervenir

Intervenir dans une dispute de mots, où tout s’envenime, essayer de glisser un mot entre des paroles si violentes que personne ne s’entend plus, c’est comme « saisir un chien par les oreilles. Ainsi est un passant qui s’irrite pour une querelle où il n’a que faire. (Proverbes 26:17)

Ces discussions interminables sont parties d’une base fausse, c’est à dire d’un autre Evangile, d’un enseignement éloigné de la vérité. Timothée se gardera d’intervenir directement dans ces controverses. Elles ne servent à rien sinon à perturber l’Église.

Cela ne veut pas dire qu’il ferme les yeux. Il se réserve le droit de réfléchir, de prier. Il pourra ainsi recevoir la direction de Dieu. Il pourra agir par son enseignement, ensuite, si nécessaire par une action disciplinaire dans l’Église.

Se distinguer des faux enseignants en prenant une position saine sur l’argent

C’est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement (1 Timothée 6.6)

Un chrétien fidèle n’est pas automatiquement à l’aise du point de vue matériel. Il est vrai que Dieu a promis de ne pas nous laisser manquer du nécessaire (Matthieu 6:25-34). Mais il se sert aussi des besoins matériels pour exercer notre foi. Il nous a avertis du danger de perdition que les richesses peuvent provoquer pour celui qui en a beaucoup (Matthieu 19:23).

On ne devient pas chrétien pour devenir riche. On devient chrétien par amour du Seigneur, pour le glorifier comme son Créateur, son Dieu et son Seigneur. La vie chrétienne consiste à le servir selon sa volonté, peut-être même dans la pauvreté. Ni Jésus ni Paul n’étaient « prospères » et ils ne cherchaient pas à le devenir.

Eviter les mauvais combats

les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science. 1 Timothée 6.20

Cela consiste à refuser de mettre au premier plan des particularités qui passent avant Jésus-Christ le point central de la foi.

Pour certains, ce sont des restrictions alimentaires (pas de vin, de café, de thé), pour d’autres les hommes doivent porter la barbe (lu dans une revue chrétienne, il y a quelques années), d’autres débattent sur le style ou l’ordre du culte…

 Le bon combat, le combat utile dans l’existence d’un chrétien c’est le témoignage rendu à Jésus-Christ

Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d’un grand nombre de témoins. (1 Timothée 6.12)

Il s’agit de la proclamation faite en public par Timothée lors de son baptême : Jésus-Christ est Seigneur. Ce n’est pas l’empereur romain qui est Seigneur.

En suivant l’exemple du Christ devant Pilate

C’est un témoignage à l’exemple de Jésus-Christ lui-même. Il a proclamé sa royauté devant Pilate, le représentant du pouvoir absolu romain

Mon royaume n’est pas de ce monde … je suis roi. Jean 18: 36-37.

C’était une proclamation dangereuse. L’approuver a coûté la vie à beaucoup de chrétiens, au 1e siècle, dans les siècles suivants et aujourd’hui encore dans certains pays.

Dans les années 40, des chrétiens allemands de l’Église confessante se sont opposés à Adolf Hitler. Dietrich Bonhoeffer, Karl Barth, et Martin Niemöller ont fait une «bonne confession» du Christ. Cela leur a coûté leur emploi, leur liberté, et pour Bonhoeffer sa vie.
Selon le livre de Bonhoeffer «Vivre en disciple : Le prix de la grâce», la vie de disciple peut coûter cher. Il n’y a pas de grâce à bon marché, elle a coûté  à Jésus-Christ sa vie.

 III. Combattre dans quelle intention

Garder ce qui lui a été confié

O Timothée, garde le dépôt.(1 Timothée 6.20)

Vincent de Lérins, écrivait au Ve siècle :

Qu’entend-on par le dépôt? Ce qui t’a été confié, pas ce qui est inventé par toi; ce que tu as reçu, non pas ce que tu as imaginé … Une chose apportée à toi, qui n’est pas sortie de toi; où tu ne doit pas être un auteur, mais un gardien; pas un leader mais un suiveur. Garde le depôt.

La bonne nouvelle de Jésus-Christ, résumée ainsi

Dieu a été manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges, prêché aux nations, cru dans le monde, élevé dans la gloire.. 1 Timothée 3.16

Ce dépôt, cette bonne nouvelle a été confiée à Paul (2 Timothée 1.12). Paul a transmis à Timothée le bien précieux qui lui a été confié. (2 Timothée 1.14).

Le transmettre fidèlement

Timothée est invité à transmettre correctement la parole de vérité

Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité (2 Timothée 2.15)
…à résister à des enseignements attrayants qui sont en réalité trompeurs et destructeurs.

Conclusion

Personne n’est libre de modifier l’Evangile pour plaire à d’éventuels adhérents. Nous gardons toute notre liberté face à la dernière prise de position à la mode, comme ce qui s’est décidé dernièrement sur le mariage en France.

Les adhérents arrivent dans l’Église quand ça leur plaît, ils s’en vont quand ça ne leur convient plus. Les vrais convertis restent. Ils sont fidèles à Jésus-Christ et à son enseignement et progressent dans la vie chrétienne.

Les déviations qui viennent d’être citées n’ont pas seulement sévi dans les premiers temps de l’Église. On les retrouve aujourd’hui multipliées et amplifiées par les médias. Ce n’est pas le message simple mais profond de l’Evangile qui intéresse, mais l’exceptionnel, le grand rassemblement de milliers de personnes avec des orateurs ou oratrices en vue.

Ainsi, on annoncera, par exemple, la venue dans une capitale ou une grande ville d’un prédicateur à la mode qui promettra guérison et richesse à coup sûr… Même si l’éloignement ou le prix du voyage peuvent être dissuasifs, ces manifestations sont souvent à la première ligne dans des moteurs de recherche Internet.
Les ouvrages déviants sont présents aussi dans des maisons d’édition chrétienne non liées aux mouvements sectaires. Il faut donc faire le tri et avertir. Et surtout remettre au centre la bonne nouvelle de l’Evangile
Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. (1 Corinthiens 2.2)

Offrons un témoignage de vie digne de confiance qui donne envie d’en savoir plus, mais sans franchir les limites.

C.S.