Un credo ou confession de foi de l’Eglise ancienne

Le symbole des Apôtres, est-ce que ça vous rappelle quelque chose ?

On a récité le Credo pendant des siècles et on le proclame encore aujourd’hui dans les Eglises catholiques et les Eglises issues de la Réforme protestante, dont aussi les Eglises évangéliques.
Le « Symbole des Apôtres », rédigé d’un commun accord par les apôtres de Jésus Christ lors du 1e Concile de Jérusalem ? Non, c’est une légende pieuse !

Qu’est ce que le symbole des apôtres ?

C’est une confession de foi rédigée en latin qui contient les vérités nécessaires à la déclaration publique de la foi des nouveaux convertis le jour de leur baptême
Il a d’abord été écrit à la fin du 4e siècle par Rufin d’Aquilée, au nord de l’Italie, près de Venise
Ensuite, il a été complété au 8e siècle, après peut-être quelques étapes intermédiaires, par Pirmin de Reichenau, près de Constance.
Enfin il a été « canonisé », c’est à dire rendu officiel au 9e siècle par Charlemagne à l’usage de toute l’Eglise de langue latine à l’ouest du bassin méditerranéen, alors que dans la partie orientale, la langue de l’Eglise était le grec.
Un commentaire des termes du « Symbole des Apôtres » avec ses modifications et ses ajouts peut aider à comprendre comment la doctrine chrétienne s’est construite dans les premiers siècles de l’Eglise. Il permettra de remarquer que les vérités doctrinales s’affirment souvent aussi par une réflexion d’opposition avec les courants hérétiques.
Sous forme suivie, chaque affirmation latine de cette confession de foi et sa traduction sera expliquée en détail

CREDO IN DEUM PATREM OMNIPOTENTEM / JE CROIS EN DIEU LE PERE TOUT PUISSANT

Comme dans tous les textes latins et grecs, le premier mot (incipit) donne le titre et le thème du texte qui suit, une confession de foi : « je crois ».
Contrairement aux autres confessions de foi collectives exprimées au pluriel comme le Symbole de Nicée Constantinople (en grec) et celui d’Athanase (en latin), le « Symbole des Apôtres », était une confession de foi individuelle au moment du baptême, donc à la première personne du singulier.
Les autres religions de l’époque, y compris la religion juive, étaient liées à la nationalité ou à l’appartenance ethnique. Elles étaient acceptées globalement sans qu’une adhésion personnelle ne soit demandée. Le citoyen romain, lui aussi, n’avait pas besoin d’exprimer personnellement son accord avec la religion romaine traditionnelle héritée de ses ancêtres.
L’Église chrétienne a été reconnue officiellement par l’Empereur Théodose en 380 après plusieurs siècles de persécution. Alors le paganisme a été interdit et tous les citoyens romains ont été obligés d’adhérer à la foi chrétienne. Cependant, la distinction a toujours continué à se maintenir entre citoyenneté laïque et engagement religieux exprimé par le baptême, même si cette différence s’est diluée par la suite dans certains pays.
A suivre
C.S.