Une vie qui honore Dieu – par le Saint Esprit
Lire la Parole, écouter l'Esprit, Musée de Dresde

Il est impossible de vivre une vie qui honore Dieu, personnellement, dans la famille, la société ou l’Eglise, sans la présence et sans  l’action du Saint-Esprit

C’est une constante tout au long de la Bible. L’Esprit  donne aux héros de la foi,  et aussi à des personnages moins visibles, moins connus de  l’Ancien et  du  Nouveau Testament  une relation vivante, forte et personnelle avec Dieu. Cette relation se répercute dans toute leur existence. Il en est de même  tous ceux et celles qui, à toute époque, vivent une vie chrétienne véritable.

Quand des membres du peuple d’Israel, éloignés de Dieu, ont répondu à son appel à revenir à lui, c’est le Saint-Esprit qui est intervenu. 

Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme d’iniquité ses pensées; qu’il retourne à l’Éternel, qui aura pitié de lui, à notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner (Esaie 55.7)

C’est lui qui a écrit la loi de Dieu dans leur cœur (Jérémie 31.33). C’est lui qui leur a donné un esprit nouveau (Ezéchiel 11.19)

Quand quelqu’un se repent de son péché et se tourne vers le Seigneur pour lui confier sa vie, une vie qui honore Dieu, c’est parce que le Saint-Esprit agit.

Il fait de lui un personne renouvelée, il crée l’ homme  nouveau conforme à la pensée de Dieu et capable de mener la vie juste et sainte que produit la vérité. (Eph 4.24)

Pour être véritable, la conversion doit toujours coïncider avec une action du Saint-Esprit, qui s’exerce dans le domaine de la grâce, recréant une nouvelle vie dans une nature ancienne et dégradée. A Kuyper  dans son livre « l’oeuvre du St Esprit dans l’AT »

Nouvelle création, renouvellement des cœurs ? , pas seulement.

L’œuvre de l’Esprit ne commence pas avec la régénération de l’individu. Elle touche toute créature et commence à agir dès la création (Kuyper)

Le Saint-Esprit , la 3e personne de la Trinité, est intervenu dans la création du monde (Genèse 1). Il  reste toujours actif dans sa protection et son maintien en existence/ sa pérennité. (v)

C’est lui qui met dans le cœur d’Abraham une confiance ferme et inébranlable que Dieu lui accordera le fils promis. Ce fils sera l’ancêtre d’un peuple nombreux destiné à être en bénédiction  aux nations du monde (v)

C’est lui qui organise Israel en nation à  son service après l’avoir fait passer par les étapes de la mort puis de la délivrance : celle d’Isaac à Morijah, celle de Joseph en Égypte, celle des Hébreux en détresse avant leur sortie d’Egypte.

La présence de l’Esprit dans tout le peuple de Dieu, Moïse l’avait souhaitée dans sa prière prophétique de Nombres 11.29. Il demandait alors à Dieu des collaborateurs capables de le décharger d’une partie de sa tâche de conducteur du peuple à travers le désert, vers la terre promise

Les prophètes comme Ésaïe, Ezéchiel et Joël attendaient une effusion de l’Esprit qui accomplisse le salut dans toute sa plénitude[1].

Cette action de l’Esprit va se manifester en ouvrant  toutes les possibilités  Mais on est averti aussi  des dérives possibles.

Joel par la prophétie et les visions annonce un temps où  l’Esprit sera répandu sur tous les peuples

Mais Michée par l’esprit de puissance dénonce les contrefaçons dans l’exercice de la prophétie et il en appelle à la justice.

Dans le récit des Actes, l’esprit de mission rend témoignage à l’Evangile qui se répand et constitue l’Eglise

Cependant, dans la 1e lettre aux Corinthiens, Paul insiste sur l’unité et la  réconciliation, indispensables dans  le corps du Christ qui ne peut être divisé.

Joel 3.1-5 : l’Esprit répandu sur tous les peuples  (2.28-32)

« Après cela, moi, je répandrai mon Esprit sur tout le monde : vos fils, vos filles prophétiseront. Vos vieillards, par des songes, vos jeunes gens, par des visions, recevront des révélations. Et même sur les serviteurs, sur les servantes, moi, je répandrai mon Esprit  en ces jours-là.

Après cela

La sécheresse et une invasion de sauterelles viennent d’anéantir les récoltes (1.4, 2.25). C’est un « jour de l’Eternel », un jugement de Dieu contre l’infidélité de son peuple. (1.15). À cause de la punition divine, Joël appelle le peuple à revenir de tout son coeur à l’Éternel. Un jeûne national montrera sa décision de changer d’attitude (2.12-17 )

Revenez à moi, revenez de tout votre cœur (12), Publiez un jeune ( 15) Aie pitié de ton peuple ( 17).

L’Éternel éprouve un amour passionné pour son peuple  2. 18. Il va détruire les sauterelles (2.25) et compenser les dégâts qu’elles ont provoqué. Une pluie abondante  (v 23) procurera la richesse en redonnant, en mieux, toutes les récoltes perdues

Tout au long de la Bible, ce processus des relations entre Dieu et son peuple se répète. Et dans le Nouveau Testaement il va se préciser au cours des étapes de la conversion. : reconnaissance du péché, repentance, foi en l’œuvre du Christ à la croix,  vie éternelle promise, vie chrétienne en Eglise …

 « Je répandrai mon Esprit »

C’est seulement quand le retour à Dieu, la repentance est  effective que la pluie sera accordée. La bénédiction, l’effusion de l’Esprit pourront alors intervenir.

Pas de conversion sans repentance. Dieu n’a pas agi en faveur de son peuple sans qu’il passe par une vraie repentance. Le Saint-Esprit ne peut être répandu  sans repentance, sans retour à Dieu.   Sinon c’est une contrefaçon.

 Le prophète Joël annonce des visions et des songes.

Le don de l’Esprit prophétique montre que Dieu  est bien présent dans son peuple. Il annonce  une nouvelle relation avec lui , une relation personnelle qui n’a pas besoin de sacrifices ni de l’intermédiaire des prêtres.

Hommes et femmes et même serviteurs, c’est à dire esclaves seront bénéficiaires de ce don. Le texte de Joel efface les principales distinctions sociales du monde antique: le sexe, l’âge, et le statut économique.

À une époque où les hommes (pas les femmes), les anciens (pas les jeunes) et les propriétaires fonciers (pas les esclaves) dirigeaient la société, Joël rejette toutes ces distinctions : elles ne sont pas des critères nécessaires pour recevoir le Saint-Esprit.

L’Esprit sera répandu sur toute l’humanité. Mais en commençant d’abord par Israël, le peuple de Dieu. Le texte parle de « vos fils, vos filles, … »  Ensuite sur l’Eglise, composée de Juifs convertis puis de païens qui se sont tournés vers Dieu.

Michée : attention aux contrefaçons

L’Esprit de puissance dénonce les péchés et appelle à la justice

5 Voici ce que dit l’Éternel des faux prophètes qui égarent mon peuple : « Ils prédisent la paix à qui met sous leurs dents  un bon morceau à mordre, et déclarent la guerre à qui ne remplit pas leur bouche.

6Vous serez dans la nuit sans avoir de visions, ce seront les ténèbres : finies les prédictions. Oui, le soleil se couchera | sur ces prophètes, le jour s’obscurcira pour eux.

7 Ceux qui ont des révélations seront couverts de honte, et les devins perdront la face. Ils se couvriront le visage, car Dieu ne leur répondra pas. »

8 Mais moi,  grâce à l’Esprit de l’Éternel, je suis rempli de force, d’équité, de courage pour dénoncer |sa révolte à Jacob et à Israël son péché.

Grâce à l’Esprit de l’Eternel, Michée dénonce la révolte contre Dieu, le péché (3.8). Il en appelle à la repentance et à la justice

On te l’a enseigné, ô homme,  ce qui est bien et ce que l’Éternel attend de toi : c’est que tu te conduises avec droiture, que tu prennes plaisir  à témoigner de la bonté et qu’avec vigilance  tu vives pour ton Dieu. (6.8)

Michée vivait au temps d’Ezéchias, après la chute du royaume d’israel en 722

Il dénonce les faux prophètes qui prêchent pour de l’argent. Ils n’ont ni  vision, ni message de Dieu.

Ils sont infectés par la cupidité : ils convoitent des champs :  ils s’en emparent, des maisons : ils les prennent. Ils oppriment les gens, les dépouillant de leurs habitations et de leurs terres.

Ce qu’ils annoncent dépend de la manière dont ils sont payés. Quand l’argent coule abondamment, ils parlent de paix et de prospérité. Quand il se fait plus rare, ils menacent de la guerre sainte (v. 5).

L’ influence néfaste de ces faux prophètes a infecté tous ceux qui détiennent le pouvoir. Chefs politiques, prêtre et prophètes ne font rien pour mettre fin à la violence et à l’oppression du faible. Ils sont obsédés par l’appât du gain.

Ses chefs rendent leurs jugements contre des pots-de-vin, et ses prêtres se font payer pour dispenser l’enseignement, et ses prophètes prédisent l’avenir pour de l’argent.

 

Ils s’imaginent que leur statut officiel les met à l’abri de toute mise en cause personnelle

Et ils s’appuient sur l’Éternel en disant : « L’Éternel,  n’est-il pas au milieu de nous ? Par conséquent, aucun malheur ne pourra nous atteindre. »

Pas de manifestation authentique du Saint-Esprit dans un contexte de tromperie, de cupidité.

Cela fait penser à des dérives déjà lues ou entendues.

« Pour que votre prière ait plus de chances d’être exaucée, mettez un gros billet ou mieux un chèque important dans l’enveloppe qui contient votre demande de prière »

Et après, le service de nettoyage retrouve à terre les sujets de prière mais pas l’argent, bien sûr.

Ou alors, vous serez tous riches vous serez tous guéris. Et si ça ne marche pas  vous manquez de foi…

Actes 1.8 l’Esprit de mission qui rend témoignage de l’Évangile

Comme ils étaient réunis autour de lui, ils lui demandèrent : – Seigneur, est-ce à ce moment-là que tu rendras le royaume  à Israël ?

Il leur répondit :– Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. 8 Mais le Saint-Esprit descendra sur vous : vous recevrez sa puissance et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde.

Les disciples demandent à Jésus le moment de son retour et de la restauration d’Israël dans la gloire qu’il avait au temps de David et de Salomon. Il refuse d’entrer dans une discussion au sujet des événements futurs.

Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés…(v.7)

Mais il les ramène vers un sujet beaucoup plus pertinent : la tâche du disciple, du chrétien dans le monde avant la venue du Seigneur.

La mission des disciples répond à l’appel d’Esaïe 49.6 : être une lumière pour les paiens afin que le salut de Dieu parvienne aux extrémités de la terre.  

C’est une mission qui concerne le monde entier, c’est à dire le monde habité. Elle s’exerce par le témoignage en paroles, le témoignage de vie et par la puissance de l’Esprit.

Dans les Actes, les apôtres donnent un modèle de témoignage. Ils parlent du ministère terrestre de Jésus et principalement de sa mort sur la croix et de sa résurrection. C’est dans un témoignage centré sur le Christ que le Saint-Esprit peut mettre sa marque.

Alors que penser de ces témoignages personnels où on raconte surtout  sa vie ?

Un auteur chrétien,  G. Pella explique :

«Rendre témoignage, ce n’est pas tant raconter ma vie que la vie de Jésus. On ne voit nulle part Pierre déclarant publiquement: ‘J’étais un pécheur et je me sentais malheureux … mais le Seigneur est venu et il m’a appelé à son service. Dès lors tout a changé’.

Rendre témoignage, c’est avant tout parler de Jésus et laisser le Saint-Esprit convaincre mon interlocuteur. »

Le jour de la Pentecôte, Pierre reprend la prophétie de Joël et la commente en l’adaptant à la situation.

La prophétie de Joël s’est-elle réalisée totalement ?

Elle s’est réalisée en partie. Le « souffle violent » et les « langues de feu » (Actes 2.2-3) correspondent aux phénomènes cosmiques de Joël 3.3-4

3 Je produirai  des signes prodigieux dans le ciel, sur la terre : du sang, du feu et des colonnes de fumée 4 Et le soleil s’obscurcira, la lune deviendra de sang avant que vienne le jour de l’Éternel, ce jour grand et terrible. 5 Alors tous ceux qui invoqueront l’Éternel seront sauvés :

Mais ces phénomènes célestes eux-mêmes ne se produisent pas. Ils sont réservés pour le « jour de l’Eternel », le jour du jugement, au retour du Seigneur.

Cette prophétie concerne en premier lieu le peuple de Dieu, Israël

Tous les Juifs et aussi ceux qui sont dispersés (la diaspora) dans les autres pays sont présents à Jérusalem le jour de la Pentecôte. En effet, la prophétie de Joël concerne toute la communauté d’Israël.

Mais elle s’étend aussi aux non juifs, aux païens;

On peut le remarquer :  les 3000 premiers convertis le jour de la Pentecôte sont des  juifs ou des prosélytes, c’est à dire des païens proches de la  foi au Dieu d’Israël.

C’est à partir d’eux que se formera le premier noyau de missionnaires qui annonceront l’Evangile  aux  Samaritains, demi Juifs (Philippe  Actes 8 ) puis aux  païens ( Pierre (Actes), puis Paul appelé apôtre des païens (Actes ).

Le don du Saint Esprit  promis dans Joel est  offert à tous ceux qui se repentent et sont baptisés au nom de Jésus-Christ pour le pardon des péchés. (Actes 2: 38-39).

C’est un don gratuit qui fait entrer dans une nouvelle relation avec  Dieu.

Nous le recevons sans mérite ni effort  de notre part. C’est bien l’Esprit de Dieu qui permet d’invoquer le nom du Seigneur (Joël 3.5). C’est à dire d’être sauvé et d’entrer dans la communion de l’Eglise pour être aussi des témoins dans notre famille, notre entourage et peut-être aussi au loin si Dieu nous y appelle.

L’Evangile s’est répandu dans de nombreux pays du globe et il continue encore à se répandre. Mais au cours de siècles, la manière utilisée pour convertir à la foi chrétienne, et la manière de se comporter avec les frères et sœurs chrétiens des pays lointains a souvent été déficiente.  On pense aux conversions forcées des Saxons au temps de Charlemagne  (le baptême ou la mort) ou à celle des populations d’Amérique latine par les conquistadors espagnols. L’arrivée des protestants chrétiens en Amérique  a permis l’extension de la foi chrétienne. Cependant, il ne faut pas oublier qu’elle s’est accompagnée  de  l’esclavage imposé aux noirs d’Afrique déportés aux Etat Unis.

Heureusement, l’évangélisation des peuples lointains a bien évolué dans certains domaines. En particulier, la mission Wycliffe de traduction de la Bible favorise le développement d’ethnies les plus restreintes en valorisant leur langue maternelle écrite et en mettant en oeuvre des projets culturels et médicaux.

1 Corinthiens 12. 12-13  : l’esprit de réconciliation qui unit le corps du Christ

12 Le corps humain forme un tout, et pourtant il a beaucoup d’organes. Et tous ces organes, dans leur multiplicité, ne constituent qu’un seul corps. Il en va de même pour ceux qui sont unis au Christ. 13 En effet, nous avons tous été baptisés par un seul et même Esprit pour former un seul corps, que nous soyons Juifs ou non-Juifs, esclaves ou hommes libres. C’est de ce seul et même Esprit que nous avons tous reçu à boire.

Paul compare le corps humain formé de membres différents à l’Eglise. L’Eglise, c’est un seul corps, le corps du Christ. Elle  est  composée  de chrétiens d’origines différentes, avec des dons différents, des chrétiens convertis  et baptisés dans  un seul et même Esprit Saint.

Ainsi, dans l’Eglise, personne ne peut penser ou se comporter de manière individualiste, sans tenir compte des autres, de l’ensemble du corps. Paul insiste fortement sur la mise en pratique de cette unité, parce que, malheureusement, à Corinthe, elle est absente.

Il avertit les Corinthiens à propos de leurs divisions: « moi je suis de Paul, moi d’Apollos » (1 Corinthiens 1.12). Il leur reproche leur égocentrisme, accompagné de sans-gêne quand ils célèbrent la cène au cours d’un repas pris en commun :

20 Ainsi, lorsque vous vous réunissez, on ne peut vraiment plus appeler cela « prendre le repas du Seigneur »,21 car, à peine êtes-vous à table, que chacun s’empresse de manger ses propres provisions, et l’on voit des gens manquer de nourriture pendant que d’autres s’enivrent. (1 Corinthiens 11. 20-21)

Enfin il souligne aussi de manière indirecte un problème de priorité. Qui passe en premier, l’Eglise de Dieu, corps de Christ ou la valorisation personnelle par des manifestations de l’Esprit ?

Quand il dit

Vous donc, puisque vous aspirez si ardemment aux manifestations de l’Esprit, recherchez avant tout à posséder en abondance celles qui contribuent à faire grandir l’Église dans la foi. (1 Corinthiens 14.12)

Ne serait- ce pas un avertissement à l’adresse de ceux qui recherchent les dons de l’Esprit surtout pour se faire valoir, pour montrer qu’ils ont quelque chose de mieux de plus spirituel que les autres ?

Les dons de l’Esprit ne sont pas des sortes de joujoux spirituels qu’on peut utiliser à sa guise en espérant en tirer des avantages personnels, la notoriété en particulier… ou alors pour montrer qu’on est différent des autres

En chacun, l’Esprit se manifeste d’une façon particulière, en vue du bien commun 1 Corinthiens 12.7

Alors, le don que Dieu nous a accordé, exerçons le, avec les autres, en faveur des autres, pour une vie qui honore Dieu, pour le bien de toute l’Eglise.

[1] Ésaïe 32.14-17, Ézéchiel 36.25, Joël 3.5

C. Streng