Au centre de la foi chrétienne
Le Christ, la vigne véritable, photo prise au musée Benaki à Athènes

Sommaire

Au centre de la foi chrétienne : croix, résurrection, justification

La croix du Christ : Jésus livré à la mort sur la croix pour nos péchés
La résurrection du Christ : une victoire qui permet à Dieu de nous déclarer justes
La justification par la foi dans la perspective protestante, en particulier anabaptiste

Romains 4.23-25
Mais ces mots « Dieu l’a considéré comme juste » n’ont pas été écrits pour lui seul (Abraham). Ils ont été écrits aussi pour nous qui devons être considérés comme justes, nous qui croyons en Dieu qui a ramené d’entre les morts Jésus notre Seigneur. Dieu l’a livré à la mort à cause de nos péchés et il l’a ramené à la vie pour nous rendre justes devant lui. BFC

Car la foi sera aussi portée à notre crédit, à nous qui plaçons notre confiance en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur il a été livré pour nos fautes, et Dieu l’a ressuscité pour que nous soyons déclarés justes. Semeur

I. La croix du Christ : Jésus livré à la mort sur la croix pour nos péchés

Un crime, mais plus encore une preuve d’amour

La crucifixion de Jésus est d’abord un crime contre un innocent.
C’est plus encore une preuve de l’amour de Dieu qui donne son fils unique et une manifestation de l’amour de Jésus qui donne sa vie pour ses brebis (Jean 10.11)

Un sacrifice d’expiation

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l’agneau de Dieu, photo d’un fronton d’église à Jérusalem mars 2019

Expier, c’est payer une faute par un châtiment considéré comme équivalent à la faute.
La justice de Dieu réclame la mort comme salaire du péché, dès la désobéissance d’Adam et Eve.

Genèse 2.17 : le jour où tu en mangeras, tu mourras et Romains 6.23 le salaire du péché c’est la mort

Jésus-Christ s’est offert lui-même en sacrifice. Il est mort sur la croix pour expier/ payer à la place des hommes le péché qui les conduisait à la mort

Éphésiens 5.2 : il nous a aimés et il a donné sa vie pour nous, comme une offrande et un sacrifice agréable à Dieu.

Un châtiment pénal

Jésus-Christ a subi une exécution judiciaire, la peine de mort.
Son procès était une parodie de justice. Mais sa mort sur la croix a satisfaisait la justice divine. Jésus le juste s‘est substitué aux pécheurs, il a choisi d’être puni à leur place.

Dieu a accompli ce qui était impossible pour la loi de Moïse, parce que la faiblesse humaine la rendait impuissante : pour enlever le péché, il l’a condamné dans la nature humaine en envoyant son propre Fils vivre dans une condition semblable à celle de l’homme pécheur. Romains  8.3

Le Christ lui-même a souffert la mort pour les péchés, une fois pour toutes. Lui l’innocent, il est mort pour des coupables, afin de les conduire à Dieu. Il a été mis à mort dans son corps mais il a été ramené à la vie par l’Esprit. 1 Pierre 3.18

Châtiment et/ou amour

Dieu seul est capable de garder un équilibre parfait entre amour/pardon et justice/punition. Pas nous. Et dans son amour, il a pris le châtiment sur lui pour respecter sa justice

Châtiment du Fils de Dieu, comme représentant de l’humanité

Le Christ n’est pas frappé pour des péchés à lui mais pour les nôtres, à notre place

Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. 2 Corinthiens 5:21

Selon le principe de substitution/ prendre la place d’un autre

Dans le système des sacrifices de l’Ancien Testament, le coupable d’un péché posait ses mains sur l’animal qui recevait par transfert la culpabilité.

Celui qui offre un animal posera sa main sur la tête de l’animal et celui-ci sera accepté comme victime expiatoire pour lui  Lévitique  1.4

Jésus-Christ prend la place des pécheurs en toute liberté

– car il est saint, « l’agneau sans défauts et sans taches” ».
– car c’est un être humain. Comme le dit Hébreux 2.14 “il a participé à la chair et au sang”.
– en tant que chef, berger pour ses brebis, représentant de la nouvelle humanité.

Une rançon pour racheter de la malédiction de la Loi

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le jardin de la tombe à Jérusalem mars 2019

Sous le règne de la loi, chacun subit la malédiction, personne ne pratique l’obéissance parfaite exigée.

Le Christ, juste et parfait, ne méritait pas cette malédiction. Mais Il l’a soufferte à notre place. Sa mort nous a rachetés de la malédiction. (Galates 3.10-13)

Une rançon est un rachat. Rédemption a le même sens. Quand elle est payée, la personne retrouve la liberté.
La dette a été payée 1Tim 2:6 Le Christ  a offert sa vie en rançon pour tous

La croix comme châtiment pénal montre la colère de Dieu contre le péché. Elle nous libère de la punition méritée selon la Loi.
Nous recevons le pardon des péchés et sommes déclarés justes devant Dieu.

II. La résurrection du Christ : une victoire qui permet à Dieu de nous déclarer justes

La croix, l’aboutissement d’un combat victorieux contre le diable.

Le Fils de Dieu est précisément apparu pour détruire les œuvres du diable. 1 Jean 3:8

Par la faiblesse et la mort du Christ, Dieu est vainqueur de l’adversaire:

Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés.

Puisque ces enfants ont en commun la condition humaine, lui-même l’a aussi partagée, de façon similaire. Ainsi, par sa mort, il a pu rendre impuissant celui qui exerçait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et libérer tous ceux que la peur de la mort retenait leur vie durant dans l’esclavage. Hébreux 2:13b-15

La croix, c’est la victoire définitive de Dieu. A la fin des temps elle se manifestera totalement. Jésus sera reconnu publiquement comme Seigneur, à la gloire de Dieu le Père

C’est pourquoi Dieu l’a élevé à la plus haute place et il lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, pour qu’au nom de Jésus tout être s’agenouille dans les cieux, sur la terre et jusque sous la terre, et que chacun déclare : Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père  Philippiens 2.9-11

Libérés du péché pour la vie éternelle

Jésus-Christ nous a libérés par son pardon du pouvoir de nos péché. Et il nous donne la vie éternelle

Mais maintenant que vous avez été libérés du péché et devenus esclaves de Dieu, le bénéfice que vous récoltez conduit à la sainteté et le résultat est la vie éternelle»  Romains 6.22

Le Christ vainqueur des puissances du mal

Le Christ est le nouvel Adam, le représentant parfait de l’être humain. A ce titre, il combat les puissances du mal, il expulse les démons, il résiste aux tentations du diable jusqu’à la mort.. . .

Par le Christ, Dieu nous délivre de l’esclavage des principautés et des puissances, c’est à dire des systèmes de pouvoir de ce monde. Il nous adopte comme ses enfants. Il nous donne une nouvelle vie dans la communion éternelle avec Dieu.

En résumé : Pour comprendre l’ampleur de l’œuvre du Christ à la croix on peut relier entre elles les notions

– de sacrifice expiatoire : il est mort sur la croix, se sacrifiant lui-même pour expier nos péchés
– de substitution : il a payé à notre place le prix de nos péchés, c’est à dire la mort.
– de victoire sur le péché, la mort et le mal qui annonce notre délivrance future et la réalisation des projets de Dieu

III. La justification par la foi dans la perspective protestante, en particulier dans l’anabaptisme

Être justifié c’est être déclaré juste par Dieu comme juge.

Pour Paul, la justification, c’est ce que Dieu a fait pour le croyant par la mort et la résurrection du Christ. Un don gratuit par la grâce seule, sans les œuvres de la loi

La croix, à la base de la justification

Par sa mort en croix, Christ obtient le pardon des péchés en faveur des humains. Cette mort obéit à la justice de Dieu dans deux directions : le salaire du péché et le salut

C’est lui, Jésus), que Dieu a offert comme une victime destinée à expier les péchés, pour ceux qui croient en son sacrifice. Ce sacrifice montre la justice de Dieu qui a pu laisser impunis les péchés commis autrefois au temps de sa patience. Ce sacrifice montre aussi la justice de Dieu dans le temps présent, car il lui permet d’être juste tout en déclarant juste celui qui croit en Jésus. Romains 3.25-26

Les exigences de la loi de Dieu sont satisfaites. Aux croyants est accordée la position d’être justes aux yeux de Dieu.
La justification donne une nouvelle relation avec Dieu, un espoir ferme pour l’avenir éternel. Elle doit se traduire par un changement de comportement.

Une justification pas seulement intérieure mais manifestée aussi dans les relations avec les autres

Dans l’Ancien Testament, la notion de justice s’applique aussi aux relations. Être juste, c’est agir conformément aux accords, aux obligations avec Dieu et avec les autres. C’est démontrer la fidélité à l’alliance établie entre Dieu et Israël.

Le verbe justifier (dikaioun) veut dire aussi restaurer des relations brisées. Le système de sacrifices était institué pour restaurer les relations entre Dieu et son peuple.

Dans le système de lois occidental, le juge rend la justice, quand il punit ou acquitte selon la loi. Dans l’Israël ancien, la punition infligée consistait aussi à corriger une situation faussée, à rétablir les relations.

Dans la perspective chrétienne, la relation est rétablie grâce à Jésus. Ceux (celles) qui ont été justifiés, sont inclus dans le peuple de Dieu. Ils font partie de la communauté de l’Église. Ils veillent à maintenir ou à rétablir des bonnes relations avec Dieu et les autres.

La justification par la foi, une doctrine centrale de la Réforme

La «Justification par la foi» est une doctrine centrale pour la théologie protestante. Elle reprend l’image du tribunal. Paul l’a utilisée pour expliquer que notre culpabilité a été effacée, et que nous sommes déclarés justes.

C’était l’expérience de Luther. Son image du Christ reçue de la piété médiévale n’était pas celle du Sauveur mais celle d’un juge sévère qui condamne

“Au cours de la Semaine sainte, Christ ne se substitue pas au pécheur devant la Gloire de Dieu, Christ se substitue à Dieu, au jour du Jugement, puisque c’est Sa parole qui juge”…

Les efforts de Luther ne diminuaient pas sa culpabilité et ne lui apportaient pas la paix avec Dieu
Il a trouvé la paix lorsque l’Esprit lui a fait comprendre que le Christ n’est pas venu pour juger mais pour sauver. (Jean 12.47).

Tous pécheurs et justifiés par la grâce

Nous avons tous péché. Nous n’avons pas été justes dans nos relations avec Dieu et avec les autres (Romains 3:23).
Jésus, lui, était obéissant, fidèle là où nous avons échoué, même jusqu’à la mort.

Nous ne sommes pas justifiés par nos efforts. Mais par la grâce de Dieu car Jésus a payé le prix du péché à la croix (Galates 2:16, Romains 3: 24-26).

Le sens de la justification par la foi précisé par 4 principes de la Réforme

1. Les pécheurs sont incapables d’effectuer leur propre justification, de coopérer avec la grâce de Dieu par une action méritoire.

2. La justification est accomplie sur la base de la justice du Christ seul. Elle est extérieure à la personne. En réponse à la foi, Dieu compte ou crédite au croyant la justice appartenant au Christ.

3. La foi c’est faire confiance au Christ seul pour être justifié. C’est l’assurance confiante que Dieu a réglé la question du péché par le Christ et pour l’amour du Christ seul. Le pécheur fait confiance à l’œuvre expiatoire du Christ et Dieu le justifie.

4. Pour les Réformateurs du 16e s la justification doit être suivie de la sanctification.

L’anabaptisme en accord avec la doctrine de la justification

Dès l’origine du mouvement de la réforme radicale, les théologiens anabaptistes du 16e s, Conrad Grebel, Michael Sattler, Hans Denck, et Balthasar Hubmaier ont adhéré à la doctrine de la justification par la foi seule, redécouverte et explicitée par les Réformateurs protestants.

Cependant, quelques différences importantes dans la manière anabaptiste de comprendre la justification

– L’anabaptisme insiste sur le fait que la volonté humaine reste libre. Pour les autres réformateurs comme Luther, la volonté est liée, captive du péché.
– L’anabaptisme demande de vivre une vie selon la morale, comme preuve du salut
– Les écrits anabaptistes insistent sur la nature transformée du croyant. C’est un changement profond de la personne. Pas un simple changement de statut comme dans la compréhension légale de la justification.

Balthasar Hubmaier (1480-1528) théologien anabaptiste et son application de la justification par la foi

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Balthasar Hubmaier

Hubmaier est en accord avec la position protestante de son temps sur la justification par la foi.
Il met l’accent sur la nouvelle naissance.
Pour lui, la foi qui sauve, c’est celle qui apporte la justification. Mais le premier mouvement de cette foi vers Dieu est facilité parce que la volonté reste libre.

Il précise sa compréhension de la justification à partir de 3 mots-clés de son traité « Sur le baptême chrétien des croyants » : « erkeenet /on reconnaît ; ergibt/on s’abandonne ; verphlicht / on s’engage »

« Par conséquence, puisqu’il (le croyant) a reconnu cette grâce et cette bonté, il se donne/s’abandonne à Dieu et s’engage intérieurement dans son cœur à mener une vie nouvelle selon la règle du Christ. »

1. il reconnaît /Erkeenet

Le pécheur doit reconnaître son état de péché devant Dieu

Dans la Somme de la vie chrétienne entière, il écrit:
Il est nécessaire pour « un changement de vie que nous regardions dans nos cœurs, et que nous nous souvenions de nos actes et nos omissions. Oui, il n’y a rien de sain en nous, mais plutôt du poison, des plaies et toutes les impuretés qui s’accrochent à nous dès le commencement, parce que nous sommes conçus et nés dans le péché …»

La personne ne trouve aucune aide et perd courage… « comme l’homme …tombé parmi les brigands. » Alors elle « réfléchit et reconnait qu’elle est une misérable petite chose. »

Cette pensée est au centre de la justification par la foi dans les écrits de Hubmaier.

Le pécheur devant Dieu doit d’abord reconnaître sa corruption totale et son incapacité à tenir devant Dieu.

Hubmaier l’explique dans son traité sur la liberté de la volonté :
L’homme « en mangeant de l’arbre interdit a perdu la connaissance du bien et du mal, comme Dieu les conçoit. Il ignore sa position devant Dieu et se complait dans sa propre justice, l’auto justification. Il préfère être sage intelligent et juste dans ses propres œuvres et il méprise la règle (de vie) simple et peu attrayante du Christ
« Il n’y a rien que la grâce de Dieu puisse moins tolérer que nos propres mérites présomptueux »

Justification sans mérites

Selon Luther, la foi glorifie correctement Dieu parce qu’elle le reconnaît comme véridique. Alors le pécheur est justifié.

Pour Hubmaier la nature corrompue du pécheur le conduit à l’ignorance. Il s’illusionne sur son propre mérite. Dieu déteste cette auto-dépendance. Rien que la tentative d’avoir du mérite est déjà du péché.

L’homme ignorant sa condition réelle est totalement incapable d’effectuer sa justification.

A la chute, l’image de Dieu dans l’homme «  a été capturée et liée par la désobéissance d’Adam». Le pécheur est englué dans l’impuissance. La seule aide vient du Christ. Il peut le réveiller en lui faisant connaître sa condition «par la Parole de Dieu».

Reconnaître alors sa propre corruption et son incapacité à en sortir conduit au désespoir. Le pécheur ne peut trouver de justice en lui-même.

Seul espoir en Christ

Son seul espoir est extérieur à lui-même. Il est en Christ.

Hubmaier décrit la conversion au Christ comme un homme gravement blessé qui se confie au médecin.

«Dieu répond en miséricorde pour l’amour du Christ et« lui accorde sa demande et ainsi pardonne [son] péché par Jésus-Christ notre Seigneur. »

Salut par la valeur substitutive de la mort du Christ

La guérison offerte au croyant par le Christ provient de la mort de Christ à la place du pécheur. La justification dépend de la nature substitutive (de remplacement) de la mort du Christ. Le pécheur est justifié parce que le Christ est mort à sa place.

L’Évangile guérit parce que «la Loi est maintenant accomplie en Christ. Il a payé la dette du péché pour nous et il a déjà vaincu la mort, le diable et l’enfer. Il a été livré par Dieu « à la mort pour notre salut, pour que le péché puisse être payé».

Le pécheur trouve le pardon dans le Christ seul, sans aucun mérite personnel devant Dieu, sans aucune possibilité de se justifier lui-même. Toute tentative dans ce sens serait un péché.
C’est en se soumettant dans son état misérable au Christ qu’il trouvera la justification

2. il abandonne / Ergebet

Abandon au Christ

Hubmaier associe l’abandon au Christ avec la foi dans son illustration du blessé.
«Toute sa maladie, il la soumet et la confie [au médecin]».

La foi, c’est avoir confiance que Dieu traitera le pécheur avec miséricorde parce qu’il s’est soumis aux soins du médecin. C’est se confier en Dieu qui pardonne à cause de l’œuvre du Christ sur la croix

La foi comme confiance

Pour Hubmaier, la foi croit ce que la Parole de Dieu a démontré. La Parole confronte le pécheur avec sa propre condition et le dirige vers le Christ
« Si la personne reconnaît son péché et en appelle à Dieu le Père pour le pardon de son péché par l’amour du Christ, si elle le fait dans la foi sans douter, alors Dieu purifie son cœur dans cette foi et cette confiance et lui pardonne tout son péché »

« La foi est la réalisation de l’indescriptible miséricorde de Dieu, de sa gracieuse faveur et de la bonne volonté, qu’il nous accorde par son Fils bien-aimé Jésus-Christ. Il ne l’a pas épargné et l’a livré à mort pour notre salut, pour que le péché puisse être payé , Et nous pouvons être réconciliés avec lui avec l’assurance de nos cœurs qui crient vers lui Abba, Père, notre Père qui est dans le ciel. »

3. Il s’engage /Verpflichtet

Une nouvelle vie selon la Règle du Christ

Quand le croyant s’engage envers le Christ, il s’engage aussi dans son cœur pour une vie nouvelle selon la Règle du Christ… ».
La vie nouvelle est le résultat direct et immédiat de la justification. Le pécheur malade se soumet à la volonté du médecin et vit une nouvelle naissance immédiate.

« La nouvelle naissance a lieu en réponse à la foi de l’homme qui s’engage envers Jésus-Christ. C’est l’œuvre de l’Esprit Saint au moyen de la Parole »

Comme Paul dans Romains 4.25, Hubmaier lie directement la justification à la résurrection du Christ.

«Mais en même temps, [le croyant] croit pleinement que le Christ, par sa mort, lui a pardonné ses péchés et par sa résurrection l’a rendu juste devant Dieu».

Le lien entre la résurrection du Christ et la justification du croyant s’exprime dans une nouvelle vie. Le Christ est ressuscité pour une vie après la mort. Cette résurrection du Christ garantit la nouvelle vie du croyant

Le croyant né de nouveau doit vivre une nouvelle vie

Puisque la résurrection fait partie de l’œuvre du Christ, Hubmaier peut insister :

Quand on est né de nouveau, on doit nécessairement vivre une vie nouvelle, changée et juste. La résurrection du Christ lui permet d’accorder la vie éternelle à tous ceux qui se confient en lui.

Cependant, le croyant n’est pas abandonné dans sa faiblesse. Le Christ le fait progresser dans la nouvelle vie. Alors il peut s’identifier à la confession de foi de Paul

Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. Ma vie en tant qu’homme, je la vis maintenant dans la foi au Fils de Dieu qui, par amour pour moi, s’est livré à la mort à ma place. Galates 2.20

Et en dehors du Christ, il sait qu’il est vide, sans valeur, mort, un pécheur perdu.”

Conclusion : Suivre Jésus dans la vie quotidienne

La justification par la foi est un présupposé indispensable et suffisant pour établir des relations justes entre Dieu et le pécheur.

Elle devient insuffisante quand elle se limite à l’adhésion à un principe, si juste soit-il, quand elle tourne autour d’elle-même sans provoquer de changement dans la vie.

C’est le risque couru avec une explication incomplète du plan du salut.
Dans les années 70 on présentait souvent les 4 lois spirituelles pour expliquer le plan du salut
Les 3 premières propositions sont pertinentes : amour de Dieu, péché de l’homme, Jésus-Christ délivre du péché.

Mais la dernière proposition présente une carence énorme. Il s’agit d’  « accepter Jésus comme sauveur ». D’accord. On est sauvé de la colère de Dieu. On est assuré d’aller au ciel. Et après ?

Il manque un élément essentiel pour la suite de la vie chrétienne, Jésus est aussi Seigneur.
Et il s’agit d’être son disciple, de le suivre dans la vie quotidienne.

Hans Denck : « Personne ne peut vraiment connaître le Christ à moins de le suivre dans la vie quotidienne, et personne ne peut suivre le Christ dans la vie quotidienne à moins de le connaître vraiment. »

Vivre en chrétien, c’est un changement dans nos comportements et nos actions envers Dieu, envers les autres et envers le monde. Cela se fait par la présence intérieure du Saint-Esprit qui en donne la force.

C. Streng