Catégorie : Approfondir

Comprendre, vivre et approfondir la foi chrétienne

Trouver le repos en Jésus Christ, un changement de perspective

« Venez à moi pour trouver le Repos…. »  une parole de Jésus-Christ  dans Matthieu 11 25-30, mais aussi dans Luc 10 21-22.

Le Repos dans lequel Jésus nous propose d’entrer.

Cette invitation, cette promesse nous pouvons la mettre à distance et ne pas nous l’approprier, par ignorance, par négligence ou simplement par manque de foi.

Entrer dans le repos, est ce une simple connaissance ou une expérience réelle ?

La fatigue

La fatigue tout le monde connaît, elle est tout particulièrement présente à certaines étapes de notre vie.

La charge de travail est parfois harassante, quand les petits enfants sont là, pleins de vie, quand l’activité professionnelle est intense.

Puis il y a ces personnes dans notre entourage … Quand on prend de leurs nouvelles, elles  répondent invariablement, « ça va oui mais qu’est ce que je suis fatigué … »

Cela fait dire que l’impression de fatigue est d’abord un ressenti, pas toujours objectif et quantifiable.

Puis on parle aussi de « bonne fatigue » , après une marche raisonnable par exemple…

La fatigue peut être aussi synonyme de lassitude morale, de découragement et à l’extrême de dépression.

Le contexte dans lequel Jésus a prononcé ces paroles

Considérons un peu maintenant le contexte dans lequel ces paroles sont prononcées.

Dans les versets qui précédent Jésus souligne l’incrédulité de ses auditeurs et la dureté de leur jugement à son égard.

1) des miracles mais pas de repentance

Il a accompli de nombreux miracles (le plus grand nombre) dans des villes comme Chorazin et Bethsaida sans changement de comportement (repentance) de la part de ses habitants !

Il avertit : en comparaison la ville de Sodome sera traitée moins rigoureusement, au jour du jugement

2) Parti pris et dureté de coeur

Et il y a ce parti-pris et de la dureté de cœur dans le regard que portent les autorités religieuses sur la personne de Jésus et du prophète Jean-Baptiste.

Le premier (Jésus) boit du vin et fraternise avec les collaborateurs au service de l’occupant romain.

Le deuxième (Jean-Baptiste vit sobrement, dans le désert, il doit , à leur avis, certainement être habité par un démon.

Une invitation à changer de perspective

Ce constat de la part du Maître, de  l’incrédulité de beaucoup et de l’étroitesse de quelque uns, débouche sur cette invitation à convertir leur regard , pour changer radicalement de perspective.

A ce tableau il y a un élément politique important à prendre en compte.

Un pays sous occupation

La Palestine au moment du ministère de Jésus est un pays sous occupation romaine ce qui signifie : de nombreuses taxes, de la violence, des vexations de tous ordres.

Un joug politique pesant.

Lecture de Matthieu 11.25-30

Vous pouvez lire le texte en cliquant dans la colonne à droite : Lisez la Bible sur Internet

Comprendre le texte

Dans un premier temps attachons-nous au texte pour bien comprendre sa signification.

Jésus rempli de joie par le Saint Esprit

Dans Luc ou cet épisode est aussi relaté nous lisons « qu’à ce moment même, Jésus fut rempli de joie par le Saint-Esprit. »

Il est rempli d’une joie intense et le cœur débordant de reconnaissance en considérant le plan , le projet voulu par Dieu son Père.

D’emblée il nous décrit l’identité de son Père :

Il est le créateur tout puissant du ciel et de la terre, mais aussi son Père bien aimé.

Une intimité parfaite, profonde, sans comparaison.

Il nous est impossible pour nous simple humain d’en sonder la hauteur, la largeur et la profondeur.

Puis voici une affirmation capitale :

« Et personne ne connaît le Père si ce n’est le Fils et ceux à qui le Fils veut le révéler »

Jésus révèle l’amour du Père

C’est donc Jésus qui révèle l’amour du Père et sa nature. C’est le seul chemin qui nous  en permet l’accès.

Pour connaître l’identité du Père, recevoir son amour, avoir une juste image (non contaminée par nos pères humains) il nous faut sans cesse regarder à Jésus.

Il nous est dit qu’il ne faisait rien qu’il n’avait vu faire auprès de son Père…

Son oeuvre de pardon et de réconciliation à la croix

A travers les récits des évangiles observons son caractère, découvrons toute son œuvre de pardon et de réconciliation qui découle de la croix.

Rappelons nous qu’il intercède auprès du Père  pour chacun de ses enfants.

Alors quel est le plan pour l’humanité , pour chaque génération qui passe ?

Entrer en relation

Jésus se dévoile et désire entrer en relation avec celui ou celle qui se sent petit, insignifiant peut-être, sans grande valeur aux yeux du monde.

L’instruction, l’arrogance intellectuelle peuvent devenir un obstacle à la connaissance de Dieu, car elles incitent l’homme à l’autonomie, parfois même à la rébellion.

Et la notion d’un Dieu créateur et tout suffisant devient alors incongrue…

L’invitation de Jésus … à ceux qui sont fatigués

Nous arrivons à présent au cœur de l’invitation de Jésus.

Elle s’adresse à ceux qui sont fatigués au sens large :

les surmenés, les accablés, les déprimés sont des termes utilisés dans d’autres variantes de traductions.

Un transfert de charge

Ce que le  Christ nous propose c’est d’opérer un transfert de charge. De notre épaule à son épaule.

A la croix et par anticipation Il a supporté nos maladies, l’infirmité qui nous atteint, la souffrance qui nous habite, la dépression qui nous ronge, le découragement qui nous envahit.

Un triomphe définitif

C’est fait, c’est accompli !! Son triomphe sur la puissance ennemie de mort est sans appel, définitif.

Alors pourquoi nous obstiner dans « le moi tout seul » ??

Mais Jésus pose deux conditions à cette invitation :

1) Faire demi-tour = se repentir et prendre le chemin qui conduit à la maison du Père

rappelez vous la parabole du fils prodigue….

2) Prendre son joug sur nos épaules

joug décoré

nous mettre résolument à son école en acceptant de suivre son enseignement.

« Ni Dieu ni maître » Quelle illusion ?

J’aimerais tout de suite torpiller cette illusion que nous entendons parfois « ni Dieu, ni maître. »

les addictions

La réalité est toute autre ; il sont nombreux les hommes et les femmes victimes d’addictions diverses et variées , à commencer par son propre moi tellement tyrannique par moment, n’est ce pas ?

L’aliénation de l’homme est un fait bien avéré.

le joug, le bras d’amour du Christ

Le joug que nous propose le Christ c’est son bras d’amour sur nos épaules.

Dans quelle mesure l’école proposée par le Maître est-t-elle incomparable ?

Et supérieure à tous les autres courants de pensée et religions ?

Les valeurs du royaume inauguré par Jésus : la douceur et l’humilité.

Voilà qui est révolutionnaire pour les contemporains de Jésus qui gémissaient sous le joug de l’occupant romain, tentés pour certains d’avoir recours à la violence et à la lutte armée.

A notre époque non plus ce n’est pas « très vendeur » de prôner ces valeurs là, face à l’affirmation de soi et la défense obstinée de ses droits. ( le fameux « mais j’y ai droit!)

Le fruit de l’Esprit

En conclusion, un petit tour d’horizon de ce fruit de l’Esprit qui est la douceur (voir Galates 5), ou encore traduit par la modération.

Éphésiens 4.2 : Soyez toujours humbles, doux et patients

Cette exhortation de Paul s’adresse au relations dans l’église, pour conserver le lien de la paix.

1 Pierre 3 .15 et 16 : Soyez toujours prêts à vous défendre face à ceux qui vous demandent de justifier de l’espérance qui est en vous. Mais faites le avec douceur et respect 

Attention à l’agressivité du témoignage

Attention au rouleau compresseur et à l’agressivité parfois de notre témoignage.

OK, nous n’en n’avons pas toujours conscience mais…..la fin ne justifie jamais les moyens !  Dieu a-t-il besoin qu’on le défende?!

Philippiens 4; 5 : Que votre bonté (douceur, modération) soit évidente au yeux de tous 

Mes amis cela doit donc se remarquer ?

L’Eglise,  pas un lieu de tension….

Jacques 1.21 : Accueillez avec humilité la parole que Dieu plante dans votre cœur, car elle a le pouvoir de vous sauver

C’est simplement le fait d’accepter de se laisser remettre en question, bousculer, par la parole que le Seigneur nous adresse.

Laisser du temps pour que sa parole de vie nous transforme.

W. Kreis

Disciple du Christ ou suiveur ? – Jean 6. 60-71

Succès populaire… puis… défection

Lors d’un meeting, pendant une campagne électorale, un candidat à l’élection rassemble autour de lui, de son projet, une dizaine de milliers de supporter.
Et quelques jours plus tard …on ne compte plus qu’une douzaine de soutiens.
Est-ce imaginable ? Que s’est-il passé ? Qu’est ce qui a fait fuir les gens ?

C’est exactement ce qui s’est produit à propos de Jésus.

Au début du chapitre 6 de Jean, un immense succès populaire provoqué par la multiplication des pains. Et à la fin du chapitre, la défection, le départ de la majorité.

On le constate souvent. Quand un projet se précise, qu’il demande un véritable engagement pour être mis en œuvre, le tri se fait entre ceux qui voient seulement les bénéfices personnels, immédiats qu’ils pourraient en tirer et ceux qui s’engagent vraiment, de toute leur personne à le faire réussir.

Un projet de vie éternelle.. à accueillir

Le projet, le projet de Jésus, c’est la vie éternelle. Il l’offre à quiconque croit, à qui se nourrit symboliquement du corps et du sang du Christ, en ayant une relation de communion intime avec lui.
Il l’offre à celui qui assimile le pain spirituel descendu du ciel  en se nourrissant de sa parole vivante.
Encore faut-il accueillir cette offre et s’engager à sa suite.

Jean 6.60-71

60 Après l’avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : Cette parole est dure ; qui peut l’entendre ? 61 Jésus, sachant que ses disciples maugréaient à ce sujet, leur dit : Est-ce là pour vous une cause de chute ? 62 Et si vous voyiez le Fils de l’homme monter où il était auparavant ? 63 C’est l’Esprit qui fait vivre. La chair ne sert de rien. Les paroles que, moi, je vous ai dites sont Esprit et sont vie. 64 Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient pas. Car Jésus savait depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait. 65 Et il disait : C’est pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. 66 Dès lors, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent ; ils ne marchaient plus avec lui. 67 Jésus dit donc aux Douze : Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? 68 Simon Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle. 69 Nous, nous sommes convaincus, nous savons que c’est toi qui es le Saint de Dieu. 70 Jésus leur répondit : N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les Douze ? Pourtant l’un de vous est un diable ! 71 Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote ; car c’était lui qui allait le livrer, lui, l’un des Douze !

 

1. Disciple de Jésus… ou suiveur comme la foule

Cette parole est dure ; qui peut l’entendre ?

ou plus précisément l’accepter: le tri entre disciple et suiveur.

Disciple au temps de Jésus

Au temps de Jésus, un disciple c’est quelqu’un qui suit un enseignant itinérant. Il se joint au groupe qui l’accompagne d’un endroit à l’autre.
Un disciple, c’est aussi quelqu’un qui considère cet enseignant comme un maître faisant autorité. Donc il en tire les conséquences  et il engage sa vie sous cette autorité.

Suiveur … ou engagé ?

Donc deux niveaux d’engagement bien distincts vis à vis du Seigneur : les disciples suiveurs, les disciples engagés

Tout comme il y a la foi, la vraie  et celle auquel Jésus ne fait pas confiance parce qu’il les connaissait tous (Jean 2.23-25), il y a disciple …et… suiveur. Et un suiveur n’est pas nécessairement un chrétien qui fait confiance à Jésus et engage toute sa vie à sa suite.

La foi chrétienne est un engagement personnel. Ce n’est pas simplement le sentiment d’appartenance à un groupe, l’adhésion à la pensée majoritaire du groupe.

Le suiveur suit la majorité

Le suiveur suit Jésus tant que la majorité du groupe le suit aussi. C’est à dire il est d’accord avec le Christ … tant qu’il n’y a rien à redire.

Le pain multiplié qui nourrit, … la solution à tous les problèmes.
Il s’intéresse uniquement à la nourriture (v. 26), au messianisme politique (v. 14-15) et aux miracles qu’il tente d’exiger ou de provoquer (v. 30-31).
En somme il recherche plutôt des avantages personnels que les réalités spirituelles derrière le miracle.

Dans certains pays, combien de gens se disent « chrétiens évangéliques » parce que c’est la religion de la majorité ou d’une importante minorité, ou parce que c’est la religion déclarée de certains leaders politiques.

Attirés par le spectaculaire

Combien aussi sont attirés par des mouvements qui leur promettent des miracles … à coup sûr en leur faveur… à grand renfort de spectacle.

Comme je le disais il y a pas mal d’années à une famille adepte de cette tendance : « en somme, votre nourriture spirituelle, c’est caviar, homard et dessert de luxe tous les jours. Ne faudrait-il pas quelque chose de moins spectaculaire, …une nourriture spirituelle plus consistante …
Pour d’autres aussi, ce qui est déterminant, c’est ceux qui sont déjà dans l’Eglise : la famille, les copains, et aussi l’ambiance sympa, la musique entraînante. Mais cela ne suffit certainement pas à construire une vie.

Incapable de supporter une parole exigeante

Mais ce disciple ne reste pas longtemps disciple. Quand la parole de Jésus devient exigeante,  « intolérable », il ne peut la supporter, alors il s’en va, avec plus ou moins de fracas.

« les Juifs maugréaient (41), les disciples aussi (61)

Dès que la parole devient exigeante,  quand tout ne marche pas comme on aurait voulu, ces disciples se mettent à rouspéter.
Et ils s’en vont voir ailleurs, là où l’herbe est plus verte… « là où ça remue….pas comme ici » … comme je l’ai entendu dire dans une autre communauté.

Et pourtant, Jésus ne fait rien pour les retenir. Au contraire, il en rajoute :
« Et si vous voyiez le Fils de l’homme monter où il était auparavant »
« Manger la chair et boire le sang », un scandale si on s’obstine à le comprendre au sens littéral, si on refuse de s’ouvrir au sens spirituel qui engagerait toute la vie.

Une crucifixion offensante, mais prélude à la gloire du Messie.

Elle est cause de chute pour les Juifs et folie pour les païens (1 Corinthiens 1.23)
Et pourtant, l’heure où Jésus, le serviteur souffrant, est méprisé et rejeté par les hommes, l’heure où il est transpercé pour nos transgressions, nos péchés et écrasé pour nos iniquités nos injustices (Esaïe 53.3-5), cette heure justement ouvre la porte au temps où  Il sera ressuscité, élevé, … hautement élevé (Esaïe 52.13).

La réaction à cet événement scandaleux détermine le destin de chacun

On peut comprendre les paroles de Jésus comme des paroles produites par l’Esprit qui donne la vie (6.63), comme des paroles qui donnent la vie

Celui qui entend ma parole et qui croit celui qui m’a envoyé a la vie éternelle. Jean 5.24

On peut aussi décider de ne pas croire et Jésus ne s’en étonne pas. Il est omniscient.

Il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient pas  (64)

2. Choisir Dieu ?

« Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? » « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » « Tu es le saint de Dieu »

Personne ne peut s’attacher au Christ si Dieu ne l’a pas rendu possible

Tout ce que le père me donne viendra à moi (37),
Personne ne peut venir à moi si le Père ne l’attire (44)
Personne ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père (65)

Rien du côté de Jésus pour retenir ceux qui veulent partir.

Pas de concessions, de facilitations, de compromis. L’annonce scandaleuse de la croix, de l’expiation des péchés par la croix du Christ.

Un certain enseignement biblique édulcoré

Et pourtant, combien de mouvements au cours des siècles ont édulcoré l’enseignement biblique.
On ne voit plus la mort de Jésus, mais son exemple.
On ne montre plus Jésus seul médiateur, mais d’autres intermédiaires plus faciles.
On ne dénonce plus le péché, mais les contraintes, les blocages de la société….

Pierre et les disciples décident de rester-

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle », « Tu es le Saint de Dieu »

Ils ont compris le sens profond des paroles de Jésus qui éclairent son identité divine. La révélation de Dieu dans le Christ est la seule source de vie authentique.
Et ils sauront bientôt aussi à quoi cela les engage de les accepter dans leur cœur … et de les manifester dans leur vie.
C’est la suivance du disciple, du véritable disciple.

A qui irions-nous ? Une décision claire de suivre Jésus, une question essentielle à se poser aujourd’hui aussi

Que choisir, qui choisir comme axe de notre vie ?

Spiritualité bizarre, matérialisme, indifférence ?

Pour beaucoup de nos contemporains, les multiples cultes bizarres pseudo-chrétiens,  les fausses religions à la spiritualité dévoyée,

(Petite parenthèse : ce qui est dit spirituel ou surnaturel n’est pas forcément divin)

les idéologies matérialistes.
Ou alors l’indifférence, qui rejette toujours à plus tard, à trop tard le moment où il faudrait se poser la question de sa vie éternelle, la sienne, sa vie future, éternelle loin de Dieu ….ou avec Dieu.

Plutôt le Christ

A l’inverse de la foule déçue, à la différence des pseudo-disciples, des suiveurs  qui s’éloignent de Jésus, contre la majorité de nos contemporains qui néglige ou refuse le message de la croix, approchons nous du Christ.
Croyons, faisons lui confiance, car il a tout fait pour notre salut. Engageons notre vie pour le Christ, seul chemin vers le Père et seule source de vie.

3. Qui fait le choix ?…

« N’est-ce pas moi qui vous ai choisis ? »

Qui fait le choix ? Pierre ? celui ou celle qui se convertit ?

Pierre pourrait avoir l’impression qu’il fait une faveur à Jésus. Il continue à le suivre, alors que presque tous les autres l’ont abandonné.

La conversion, une sorte de marché entre égaux ?

Certains appels des campagnes d’évangélisation, certains cantiques donnent l’impression que la conversion est une sorte de donnant-donnant. Ils placent au même niveau Dieu et le pécheur repentant qui s’approche de lui pour être sauvé.

« Si tu veux le bonheur, le vrai bonheur, laisse entrer Jésus dans ton cœur »
« Dans mon cœur j’ai choisi, de suivre Jésus-Christ »
ou alors « Pour être sauvé, acceptez Jésus » 
une sorte de marché entre égaux…

N’est-ce pas moi qui vous ai choisis ?

Jésus corrige tout de suite le tir. Si les douze avec Pierre sont là, … s’ils sont restés, c’est bien parce que lui, Jésus, les a choisis

Qui est à l’origine de la foi  ? Qui prend l’initiative de la décision personnelle ?

Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire

La foi, c’est une dépendance totale de Dieu. C’est renoncer à mettre en avant ses propres atouts, (appartenir au peuple de Dieu, à une famille chrétienne), ses propres mérites y compris la souffrance dite méritoire. C’est compter exclusivement sur la grâce et la miséricorde de Dieu

Si la foi ne dépend pas de nous, comment est-il possible pour nous de croire?

Uniquement parce que Dieu seul rend possible notre foi en Lui.
Alors, comment Dieu construit-il notre foi ? Comment nous attire-t-il au Christ ?

On trouve la réponse dans Jean 12.32

Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi.

« Elevé » dans l’évangile de Jean, c’est « crucifié »
Dans sa crucifixion Jésus nous attire à lui. Sa mort nous entraîne au pied de la croix et à la foi.

La foi est l’œuvre de Dieu, pas la nôtre

La seule foi possible est  une initiative de l’amour de Dieu manifesté dans la croix du Christ.

Glorifie ton Fils, pour que le Fils te glorifie, et qu’il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés (Jean 17.1-2)

La décision pour le Christ …. déjà donnée par Dieu

Nous devons volontairement accepter l’amour de Dieu manifesté dans le Christ. Mais notre réponse est en fait donnée par Dieu.
La foi est une décision pour le Christ, mais elle serait impossible si elle n’était pas déjà donnée par Dieu.

Quand arrive l’offre, le moment de la décision personnelle, il s’agit que la personne l’accueille et le concrétise par une prise de position volontaire. La réponse à l’offre est essentielle mais c’est la réponse à une incitation de Dieu, ce n’est pas le point de départ de tout le cheminement.

Dans les étapes qui conduisent à se tourner vers Dieu, à accueillir le Christ dans sa vie, il y a un moment décisif à ne pas rater, un moment où Dieu nous souffle d’une manière ou d’une autre « Aujourd’hui, si tu entends sa voix, n’endurcis pas ton cœur »

La foi pour la vie éternelle

Aller au ciel, éviter l’enfer ?

Certaines tendances chrétiennes mettent surtout  l’accent sur la destinée éternelle après la mort : il s’agit d’aller au ciel et d’éviter l’enfer.

L’Evangile de Jean n’élude pas, …n’évite pas la question.
Celui qui ne croit pas , qui ne met pas sa confiance dans le Christ est déjà condamné  Jean 3.18

Judas est condamné. Il jouait un double rôle. Il ne s’en va pas, il ne proteste pas quand Pierre exprime sa confiance dans le Christ. Il reste pour trahir et Jésus le sait.

Une vie authentique, dans la relation avec Dieu

Mais l’Evangile met plutôt l’accent sur ce que cette vie éternelle signifie pour nous.
En Christ, Dieu nous sauve pour la Vie, pour une relation avec Dieu qui conduit à une vie authentique dans ce monde et dans le monde à venir.
Pour le croyant, pour le véritable disciple, l’éternité commence… aujourd’hui.

C. Streng

Le chrétien transformé par l’adversité

Comment réagir face à l’épreuve qui soudain  accable le chrétien ?

Nous, les chrétiens,  nous nous considérons souvent à tort comme les « chouchous » de Dieu ….

Partant de cette logique nous admettons assez mal « les coups durs »,  « les crocs en jambe de la vie »

Les épreuves de la vie n’épargnent pas non plus les chrétiens

Et pourtant les épreuves de la vie n’épargnent personne, même les chrétiens. Et ceci quelque soit leur avancement spirituel, et leur consécration connue de tous .

L’apôtre Pierre le dit  :

Mes chers amis ne vous étonnez pas d’être en plein feu de l’épreuve, comme s’il vous arrivez quelque chose d’anormal.

Réjouissez-vous plutôt d’avoir part aux souffrances du Christ  (1 Pierre 4 . 12)

Les difficultés de la vie font partie de la pédagogie de Dieu.

Même si cela peut sembler déroutant, voire injuste…

En fait c’est quand nous sommes éprouvés que nos prières prennent de la profondeur, que nous devenons un peu plus lucides et honnêtes avec nous-mêmes, et que la superficialité s’efface.

Le Seigneur utilise les difficultés que nous rencontrons pour nous attirer plus prés de Lui, et gagner en intimité dans notre relation avec Lui.

Le Psalmiste l’affirme clairement :

Le Seigneur est proche de ceux qui ont le cœur brisé, il sauve ceux qui ont l’esprit abattu(Psaume 34.19)

Quand nous désespérons de nous-même, au fond du trou, Dieu devient proche et se révèle comme notre Sauveur.

Personnages bibliques qui ont traversé des épreuves

La Bible fourmille de personnages connus qui ont traversé des déserts et bravé des tempêtes redoutables.

Quelques exemples :

Joseph (un des fils de Jacob)  a été jeté dans une citerne par ses propres frères, puis suite à une accusation injuste a été mis pour quelques années en prison.

Daniel par fidélité à Dieu a atterri dans une fournaise, puis dans une fosse aux lions.

Jérémie le prophète a été précipité dans une citerne boueuse avec motif qu’il démoralisait le peuple.

L’apôtre Paul a fait naufrage à trois reprises et a failli perdre la vie.

Les épreuves nous obligent à regarder à Dieu et à dépendre de sa grâce…

C’est en tout cas ce qu’exprime Paul face aux détresses de la vie :

Nous avions l’impression que la peine de mort avait était décidée contre nous. Cependant il en fut ainsi pour que nous apprenions à ne pas placer notre confiance en nous-même mais uniquement en Dieu qui ramène les morts à la vie
(2 Corinthiens. 1. 9)

Le Seigneur permet ou autorise un certain nombre d’incidents fâcheux dans notre existence.

Ses projets et ses plans dépassent la logique humaine

Disons clairement que ses projets et plans sont bien au-delà de nos pensées et logique humaine.

Et c’est vrai qu’il reste des questions sans réponses et parfois des sentiments d’injustice, de révolte, d’incompréhension.

Mais Dieu possède sur notre vie un angle de vision que nous n’imaginons pas..

Et ce qu’il désire c’est que le pécheur vive et pas qu’il soit anéanti, n’est ce pas ?

Dieu sait toute chose et ce qu’il désire pour chacun de ses enfants c’est d’abord le meilleur.

Un examen de Romains 8.28-29

Cette affirmation est contenue dans Romains  8 28 et 29 , que je vous propose d’examiner de plus près.

Nous savons encore une chose : Dieu fait tout pour le bien de ceux qui ont de l’amour pour lui. Ceux-là, il les a appelés selon son projet. 29 En effet, ceux que Dieu a choisis d’avance, il a aussi décidé d’avance de les faire ressembler à son Fils. Ainsi, son Fils sera l’aîné d’une grande famille.

1) « Nous savons du reste… »

Paul parle par expérience !

C’est le privilège de l’âge et de l’expérience de vie de pouvoir affirmer cela.

C’est le témoignage des hommes et des femmes de foi qui nous ont précédées.

2) Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment …

Dieu maîtrise chaque maillon de notre vie.
Nos erreurs, nos faux pas, nos échecs Dieu les connaît et les utilise pour notre bien .

Ce qui nécessite bien entendu  d’être lucide  avec soi-même.

Le Seigneur se débrouille avec les personnes imparfaites que nous sommes.

Considérons la lignée dont est issu Jésus-Christ.

Voici 4 femmes qui y figurent comme Tamar, Rahab, Ruth et Bath Shéba.

Tamar a séduit son beau-père pour être enceinte.

Rahab était une prostituée

Ruth qui n’était pas juive a transgressé la loi en épousant un Juif

Bath Shéba a eu une relation adultère avec David

3) Il les a aussi destinés, depuis le commencement, à porter son image

Quelle formidable nouvelle, découverte peut-être pour nous aujourd’hui.

Ce que nous vivons parfois à travers des soupirs et des larmes c’est pour refléter de plus en plus l’image fidèle du Christ.

Pour être ainsi façonné à son image cela demande du temps, de la patience et de l’humilité.

Le plan est de devenir semblable au Fils de Dieu.

Pierre utilise la comparaison de l’or éprouvé par le feu

L’or lui-même qui est périssable, est pourtant éprouvé par le feu ; de même votre foi beaucoup plus précieuse que l’or , est mise à l’épreuve afin de prouver sa valeur »  (1 Pierre 1.6 et 7)

On a demandé un jour à un orfèvre : « Comment savez-vous que l’or que vous travaillez est pur ? »

Réponse : « Je le sais quand je me reflète dedans »

C’est un peu similaire au processus de raffinement de notre foi à travers les difficultés : les gens voient-t-ils Jésus se refléter en nous, de plus en plus ?

En conclusion, comment réagir face à l’adversité ?

( je ne parle pas de situations dues à notre incurie, ou provoquées par la tolérance au  péché dans notre vie)

Voici quelques pistes :

1) Dieu a des projets de paix pour nous

Ne perdons jamais de vue que ce sont des projets de paix et non de malheur que j’ai conçu en votre faveur dit l’Éternel en s’adressant à son peuple. ( Jérémie 29)

2) Gardons les yeux fixés sur Jésus.

Corrie Ten Boom a dit ceci ( elle a vécu l’horreur des camps de la mort)

«  Si vous regardez au monde vous serez dans la détresse.

Si vous regardez en vous vous serez déprimé.

Mais si vous regardez à Christ vous serez en paix. »

3) Ne perdons pas de vue les nouveaux cieux et une nouvelle terre, l’achèvement du Royaume avec le retour de Jésus.

La détresse que nous éprouvons en ce moment est légère en comparaison de la gloire abondante et éternelle, tellement plus importante qu’elle nous prépare
(
2 Corinthiens. 4 . 17)

4) Restons dans la reconnaissance.

Réjouissons nous et rendons grâce en toutes circonstances
(1 Thessaloniciens. 5. 16)

5) Refusons de baisser les bras.

L’épreuve de notre foi produit l’endurance, la persévérance.

L’adversité joue un rôle de tout premier plan dans le processus de transformation qui nous rend semblable à Jésus Christ.

C’est une des clef d’accès à la maturité spirituelle.

Réfléchissons à  la question suivante :

Quelle difficulté, accident de la vie, blessure, a été pour moi le moyen de croître spirituellement de manière significative ?

Prenons quelques minutes de silence pour y répondre.

W. Kreis