La vigne de Dieu

Le peuple de l’Ancien-Testament

A quatre reprises, dans l’Ancien Testament, Dieu compare son peuple à une vigne. Il l’a plantée avec grand soin. Il a pris toutes les dispositions pour qu’elle prospère et porte beaucoup de fruits. Or elle le déçoit terriblement en n’offrant finalement qu’une récolte misérable, quasi nulle.

L’Eglise du Nouveau Testament

Jésus reprend la même image pour illustrer sa relation avec le nouveau peuple de Dieu, l’Église. C’est toujours son Père qui est le vigneron, mais cette fois le pied de vigne, le cep, c’est lui. Il en est donc l’organe essentiel, comme la tête dans un corps ; il porte les sarments qui portent le raisin et qui sont les chrétiens attachés à lui. Le vigneron soigne, taille sa vigne pour assurer une récolte abondante qui l’honorera comme bon vigneron.

Jean 15. 1-11 : lisez le texte en tapant la référence dans le bandeau « chercher des passages de la Bible » en haut de la page

1. Tailler et émonder

La vigne à l’état naturel

 

vigne, cep, sarmentA l’état naturel la vigne est une plante rampante. Elle cherche à grimper en s’accrochant grâce à ses vrilles. Elle fait de longs rameaux avec beaucoup de feuilles et peu de fruits, d’ailleurs visés par de nombreux parasites et maladies.

 

Le travail du vigneron

vigne, cep, sarmentTailler

Si vous regardez le travail du vigneron au cours de l’année, vous pouvez prendre peur, en voyant tout ce qu’il taille.

A la fin de l’hiver, d’un bel arbuste avec une dizaine de rameaux verticaux il coupe tous les rameaux sauf deux. Ils seront les nouveaux sarments sur lesquels vont pousser de nouveaux rameaux porteurs des fruits.

Tailler encore

Revenez en juillet-août lorsque ces rameaux seront bien montés. Le voilà encore avec son sécateur ou une machine, en train de ratiboiser le haut et de réduire chaque rameau porteur de fruits à deux yeux au-dessus du dernier raisin.

Enlever des feuilles

vigne, cep, sarment

 

Et début septembre il va même arracher une partie des feuilles qui cachent le soleil aux raisins. Toujours en train d’en enlever !

 

 

Ainsi fait aussi le divin vigneron.

D’abord la taille radicale de l’hiver qui met à mort le vieil homme à la conversion v. 3. Puis l’émondage de ce qui est branches et feuillage superflus, un nettoyage indispensable pour multiplier les fruits : v. 2b.

Objectif final

Rappelons-nous cet objectif du vigneron à propos du résultat final.
Le Seigneur coupe quelque chose  dans notre vie ; il bloque telle envie, tel projet, il ferme la voie à telle possibilité espérée, entrevue. Ou il coupe peut-être même telle capacité physique ou intellectuelle.Pourtant il ne compromet pas la récolte. Au contraire, il la favorise, la multiplie, en augmente la qualité.

Faire confiance

Son expertise mérite une entière confiance, malgré les apparences déconcertantes. Son travail en nous ne vise pas à détruire ou handicaper quelque chose d’utile, mais à assurer, développer, améliorer le résultat visé par lui. S’il laissait faire, s’il ne coupait rien, l’essentiel de la sève irait dans la longueur des rameaux et le nombre des feuilles : ça, ça ne fait pas de vin.

L’essentiel irait dans la réalisation de nos envies, de nos façons de voir, des objectifs dont nous croyons servir Dieu.

Or vos pensées ne sont pas mes pensées… Esaïe 55. 8-9.

Ai-je le courage d’accorder cette confiance à mon Créateur. Il ne veut que le bien de sa créature, comme un parent se soucie du bonheur de son enfant V. 11 ?
Ai-je le courage ou le bon sens de penser que mon Père céleste sait le mieux ce qui aidera sa créature à l’honorer vraiment, à vivre une vie qui le glorifie  V. 8 ?

Mon Père, je te fais confiance, mais aide-moi à te garder cette confiance, même quand je ne comprends pas ce que tu es en train de faire, quand le diable me souffle que tu ne m’aimes pas.

2. Le sarment sans fruit

Cassure, rupture, plus de sève

C’est tout à fait surprenant, anormal. Le vigneron ne connaît qu’une cause : il y a forcément cassure, rupture de l’attache au cep, la sève ne parvient plus. Le cep, lui, ne cesse de l’apporter.

Le problème n’est pas du côté du vigneron, ni du cep, mais uniquement du sarment. Un tel sarment ne restera pas longtemps en place, il n’a plus aucune raison d’être là, il gène les voisins, on l’enlève et on le brûle V. 6.

Une anomalie : un chrétien qui ne porte pas de fruit

Là est la limite de l’image. Ce que le Seigneur veut souligner, c’est la totale anomalie d’un chrétien qui ne porte pas de fruit.

Le vigneron a fait la taille d’hiver, Dieu lui a accordé le salut. Le cep apporte régulièrement la sève vitale en abondance, Jésus a établi sa demeure en lui et lui offre la nourriture nécessaire par le St-Esprit. Alors pourquoi n’y a-t-il pas de vie spirituelle productrice de fruit ?

Plusieurs explications sont possibles

Mal enseigné ?

La personne, peut-être mal enseignée, s’imagine qu’être devenue chrétienne c’était le but suprême à atteindre. Les péchés sont pardonnés, l’enfer est évité, elle fréquente une Église. Que voulez-vous de plus ?

Un club de foot a acheté un nouveau joueur et lui a remis tout son nouvel équipement. Le dimanche suivant le joueur vient effectivement au stade : il s’assied sur le banc de touche et assiste à tout le match… Où est l’erreur ?

Servir Dieu ? Comment ?

En nous rachetant de nos fautes, le Seigneur nous a arrachés à l’esclavage de Satan et du péché. La manière la plus logique de l’en remercier, c’est le servir.

Oui, mais comment ? Tout le monde ne part pas en mission, ni n’est appelé à travailler à plein temps. Certains oui. En tout cas chacun a reçu des capacités naturelles : contact facile, habileté manuelle, connaissances techniques, dons intellectuels… Chacun reçoit à sa conversion au moins un don spirituel à mettre en œuvre dans l’Église (1 Corinthiens 12.7).

Dites-le au Seigneur

Dites au Seigneur que vous désirez le remercier en le servant. Il vous trouvera et vous indiquera un emploi adapté à votre personnalité. Pas forcément facile, peut-être inattendu, mais bienfaisant pour l’Église locale ou universelle et gratifiant pour vous. Il le fera sans faute : demandez et vous recevrez.

Servir Dieu à ses conditions à lui

Mais attention, l’ouvrier maçon ne vient pas sur le chantier travailler dans son coin pour réaliser sa bonne idée à lui. Son rôle est déterminé par le chef de chantier. Il lui indique sa place parmi les autres, lui donne les outils et les directives nécessaires et s’attend à être obéi.

Suis-je prêt à voir le Seigneur utiliser ma vie toute entière ou le poste séculier qu’il m’a donné pour que j’y sois à sa disposition selon sa direction ? Un sarment de vigne, ça porte des raisins, on n’en fait pas des meubles, ni des outils. Mais il existe tant de cépages divers qui donnent des vins infiniment variés en fonction de tant de paramètres. Le vigneron connaît tout ça parfaitement et c’est son affaire.

Revenir à Dieu, c’est possible !

Un sarment détaché du cep ne peut y être rattaché. Mais un chrétien qui a perdu le contact avec son Seigneur peut revenir à lui dans une repentance sincère pour mener une vie qui le serve et le glorifie. De même celui qui n’a pas découvert ou compris le plan que Dieu tient en réserve pour sa vie, peut rectifier son attitude et placer résolument sa vie sous l’autorité et la direction de son Sauveur : Jean 6. 37-40.

3. Demeurer en Christ

Après avoir réfléchi à cette anomalie de la séparation du chrétien de son Sauveur, arrêtons-nous à ce qui est la norme, la relation naturelle, source de vie et de fruits.

Le greffage

Tout commence par un travail du vigneron / de Dieu dont dépendra toute la suite : le greffage. Le vigneron prend un plant de base, mais pas n’importe lequel. Sinon le phylloxéra, une maladie de la vigne aurait vite fait de le tuer. Dans le cas du chrétien, le phylloxera, c’est Satan.
Il faut que ce soit un plant résistant, un plant venu d’ailleurs. Dans le cas de la vigne, c’est un plant américain. Pour le Chrétien, le vrai plant de vigne, c’est Jésus, que Satan ne peut pas toucher.
Sur ce plant bien choisi et unique en son genre le vigneron va greffer selon une méthode précise un bourgeon sélectionné dans une vigne v. 3.

Ce greffage symbolise la nouvelle naissance indispensable :

Ne sois donc pas surpris si je t’ai dit : Il vous faut naître d’en-haut (Jean 3.7).

C’est donc là qu’est faite cette jonction vitale entre ce qui est le cep et ce qui donnera les sarments.

Deux réalités fondamentales pour la suite

A partir de ce greffage initial de la personne sur son Sauveur, deux réalités fondamentales vont déterminer toute la suite :

Ma vie vient du Christ

– Être bien conscient que ma vie vient de Christ, que ce qu’il fait passer de lui à moi, c’est sa vie-même. Sans lui, sans cette sève vitale qui me vient de lui, rien ne sera possible V. 4

Maintenir ce lien

– Conséquence évidente : il faut veiller à maintenir ce lien entre lui et moi, le soigner, l’entretenir, ne rien le laisser le compromettre. De son côté il n’y a rien à craindre, quand il s’engage, c’est pour l’éternité. Mais moi, je peux être négligent, oublieux de l’essentiel, fasciné par d’autres choses en fait futiles.

Une avalanche de bénédictions

Mais pour celui qui veille à ce lien, qui demeure en Jésus, c’est à dire qui prend soin de s’imprégner toujours à nouveau de ce qu’il dit (V. 7) quelle avalanche de bénédictions :

  • V. 7 : la prière n’est pas un acte religieux solennel, on peut aussi la voir comme un outil de travail fourni par le chef de chantier pour faire avancer le travail assigné
  • V. 8 : voilà indiqué par Dieu lui-même la meilleure manière de lui montrer notre gratitude pour ce qu’il fait pour nous : porter beaucoup de fruit et lui en donner l’honneur, attirer l’attention sur lui à travers ma vie et faire ainsi éclater sa bonté, sa fidélité, sa grandeur de Créateur qui prend soin de sa créature.
  • V. 9-10 : se découvrir l’objet de l’amour de Dieu avec la promesse de pouvoir le rester sans fin.
  • V. 11 : voilà l’intention magnifique qui anime toutes ces promesses. Le Père veut faire en sorte que ses enfants ne soient pas simplement contents, ni même simplement heureux, mais que ce bonheur déborde en joie, une joie complète.

Les ingrédients du bonheur : Matthieu 24.45-47

Il y a une petite parabole de Jésus, peu connue,Mt 24. 45-47.
Elle pourrait montrer plus pratiquement ce que Jésus veut dire quand il nous invite à demeurer en lui. Ces 3 versets sont une perle : ils nous donnent les ingrédients nécessaires du bonheur :

  • l’endroit où le Seigneur m’a placé, c’est là qu’il me voulait et que je peux être heureux
  • le rôle qu’il m’a donné là, c’est celui qui correspond à sa volonté
  • continuer là dans la fonction assignée jusqu’à ce qu’il m’en déplace ailleurs ou qu’il revienne sur terre

Jésus l’a bien dit. C’est être fidèle et sensé que de raisonner ainsi et surtout un serviteur qui raisonne ainsi sera heureux.

Voilà une définition du bonheur qui porte l’estampille de garantie de Dieu lui-même ! N’avons-nous pas vu il y a un instant que c’est cela qu’il veut pour ses serviteurs V. 11 !

J.J.S.