Se recentrer sur l’essentiel

Se recentrer sur l’essentiel, c’est à dire le Christ, la puissance de sa résurrection, la communion à ses souffrances.

Ainsi je connaîtrai Christ, la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances en devenant conforme à lui dans sa mort.  Philippiens 3.10.

C’est l’expérience de l’apôtre Paul. Rattrapé par Dieu au moment-clé,  il lui a laissé recentrer toute sa vie sur le Christ souffrant et ressuscité.

Le verset dans son contexte

Pourtant, moi-même je pourrais mettre ma confiance dans ma condition. Si quelqu’un croit pouvoir se confier dans sa condition, je le peux plus encore.


J’ai été circoncis le huitième jour, je suis issu du peuple d’Israël, de la tribu de Benjamin, hébreu né d’Hébreux. En ce qui concerne la loi, j’étais pharisien. Du point de vue du zèle, j’étais persécuteur de l’Eglise. Par rapport à la justice de la loi, j’étais irréprochable.

Mais ces qualités qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte à cause de Christ.
Et je considère même tout comme une perte à cause du bien suprême qu’est la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur.

A cause de lui je me suis laissé dépouiller de tout et je considère tout cela comme des ordures afin de gagner Christ  et d’être trouvé en lui non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi.

Ainsi je connaîtrai Christ, la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances en devenant conforme à lui dans sa mort  pour parvenir, d’une manière ou d’une autre, à la résurrection des morts. Philippiens 3.4-11

L’essentiel mais lequel ?

Facile à dire, mais pour se recentrer sur l’essentiel, il faut découvrir en quoi il consiste. Le but que l’on vise, ce qu’on veut atteindre, est-ce le vrai, le bon, ou conduit-il à une impasse ?  est-ce quelque chose d’inintéressant, d’inutile ou même de dangereux ?

Beaucoup d’argent pour satisfaire toutes les envies, quelques pièces pour finir le mois ?
Sport extrême ou « supporter » devant la télé ?
Hautes fonctions politiques, ou existence sans vagues ?
Indépendance assumée ou famille avec des responsabilités, des joies et des difficultés ?
Pâques, chasse aux œufs ou Pâques, résurrection du Christ ?
Moi au centre du monde ou Dieu qui règne en moi ?

L’essentiel, la réussite pour Saul de Tarse?

Un beau point de départ

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Apôtre Paul. Mosaïque de l’Eglise byzantine Saint-Sauveur-in-Chora à Istanboul

Il était Juif, membre du peuple choisi par Dieu. Il était né dans la tribu de Benjamin, une tribu restée fidèle comme celle de Juda au Temple de Jérusalem. Pas devenue idolâtre comme les 10 autres tribus. (Philippiens 3.5)

Un parcours sans faute

Saul était fidèle à la loi de l’Ancien Testament, telle que la comprenaient les pharisiens.
Face à la justice de la loi, (aux exigences de la loi), j’étais irréprochable Philippiens 3.6

Pas tout à fait

Irréprochable ? Mais si zélé pour cette loi devenue le centre de sa vie qu’il se chargea lui-même de la défendre.
Pas avec des arguments comme ceux que lui avait enseignés son maître Gamaliel (Actes 22.3) mais avec des mandats d’arrêt.

Du point de vue du zèle, j’étais persécuteur de l’Eglise  Philippiens 3.6

Remarquons le bien : c’est lui a pris les devants.

Il demanda aux autorités juives des lettres l’autorisant à arrêter les nouveaux convertis
Il s’attaqua donc à ceux qui avaient mis leur confiance dans le Christ ressuscité.
Il chercha à détruire l’Eglise chrétienne à ses débuts.

C’était devenu sa raison de vivre,  menacer et tuer les disciples du Seigneur  (Actes 9.1), les arrêter, les amener à Jérusalem pour les faire condamner (9.2).

Le rapprochement entre zèle religieux et persécution n’est pas dû au hasard. Quand Dieu n’est pas à la première place, quand un mouvement humain, si religieux soit-il, met au centre les réalisations et les efforts de l’homme, il y a risque de conflits de valeurs donc tentation de persécuter.

Brusquement recentré

Mais Dieu avait décidé de le réorienter, de le recentrer sur un nouvel essentiel.

Une lumière éblouissante, éjecté du cheval….dans la poussière, aveugle, les yeux bouchés par les écailles de ses certitudes à lui, son assurance de pharisien fidèle, son bon droit de mandataire, d’agent de la religion officielle contre ce mouvement d’erreur.

Eh bien non, Saul, tu te trompes. Tu crois servir Dieu en poursuivant mes disciples mais c’est moi, Jésus, que tu persécutes. Actes 9.5

La suite, c’est la rencontre avec Ananias. Les écailles tombent, une nouvelle manière de voir, une nouvelle orientation donnée cette fois par Dieu lui-même, pas par les traditions d’une religion, une nouvelle feuille de route

J’ai choisi cet homme pour me servir  auprès des nations étrangères et des Juifs Actes 9.15
Je lui montrerai moi-même tout ce qu’il devra souffrir pour moi Actes 9.16.

Là Dieu est vraiment au centre.

Saul a bien compris. Il lui a laissé le gouvernail
Et Paul va passer tout le reste de sa vie au service du Seigneur, un vrai service centré sur le vrai essentiel, le service du Christ crucifié et ressuscité.

Assumer le passé pour repartir

Sa persécution de l’Église. Il en a honte. Il ne l’oubliera jamais, il l’assume sans se défausser, sans accuser les autres, les circonstances.

En effet, je suis le plus petit des apôtres et je ne mérite même pas d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu 1 Corinthiens 15.9

Mais l’essentiel pour lui, c’est de repartir. Affirmer la grâce de Dieu, son pardon, la direction nouvelle donnée à sa vie : devenir un fidèle serviteur de Dieu et de l’Église du Christ, en construction.

Mais par la grâce de Dieu je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n’a pas été sans résultat. Au contraire, j’ai travaillé plus qu’eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu [qui est] avec moi. 1 Corinthiens 15.10

Le grand ménage

Tout en progressant dans sa connaissance du Christ, Paul a fait le grand ménage de ses convictions : déblayer le terrain de ses ordures pour faire place nette.

Mais ces qualités qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte à cause de Christ. Et je considère même tout comme une perte à cause du bien suprême qu’est la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. A cause de lui je me suis laissé dépouiller de tout et je considère tout cela comme des ordures afin de gagner Christ. Philippiens 3.7-8

Mettre en lumière

Quand la lumière vive du soleil entre dans une pièce, on voit nettement la poussière qu’on ne remarquait pas dans l’ombre.

Faire le tri

Quand on se prépare à déménager, on a du mal à imaginer le nombre de choses à trier et à déblayer,  Mais il faut faire un choix :, jeter, donner, retenir l’essentiel

Quand le Christ entre dans une vie, celle de Paul, la nôtre aussi, il faut aussi faire le tri. Et si on confie à Dieu ce tri, dans la réflexion et la prière, pas mal de choses se classent d’elles-mêmes : à mettre dans les déchets.

Évidemment, certains péchés ou mauvaises habitudes d’avant la conversion pratiqués ou caressés dans l’imagination (émissions télé, sites internet).

Plus difficile à classer dans la colonne « perte «
Pas le « pédigrée », mais la valeur qu’on lui attache

Juif, pharisien, zélé pour la loi… d’une famille évangélique connue, d’une lignée de pasteurs … , fils ou fille de missionnaires…

Pas les réalisations personnelles, elles ont permis d’avancer dans la vie, mais l’importance qu’on leur donne, en se comparant aux autres, en les faisant remarquer.

Il suffit de regarder, d’écouter les déclarations des candidats aux élections
« Moi..je… ceci… cela…

Que reste-il encore à déblayer ?

Déblayons aussi notre bonne volonté, nos efforts, nos méthodes à nous pour nous approcher de Dieu.

Avant de pouvoir s’orienter vers une nouvelle vie, un peu de comptabilité

Dans la colonne « perte », les efforts religieux
Dans la colonne « profit », la foi en Jésus Christ seul

Un concentré de la justification par la foi.

Afin de gagner Christ et d’être trouvé en lui non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu et qui est fondée sur la foi. Philippiens 3.9

A cause du péché, il y a rupture de la relation entre Dieu et nous.

Impossible de la rétablir nous-mêmes malgré tous les efforts. Nous sommes tous incapables de respecter la loi dans tous ses détails comme Dieu le demande. Quand on réussit d’un côté, on rate de l’autre et tout est à refaire.

De fait, la personne qui obéit à toute la loi, mais qui pèche contre un seul commandement, est en faute vis-à-vis de l’ensemble. Jacques 2.10

La loi sert à rendre conscient du péché. Comme l’arbitre qui distribue les cartons rouges. Mais elle ne donne pas de solution véritable contre le péché.

Carton rouge, « suspendu », séparé de Dieu.

Dieu prend l’initiative de rétablir la relation.

Jésus Christ, Dieu le Fils, est mort sur la croix. Il a payé à la place des humains le prix du péché, c’est à dire la mort.
Il est ressuscité. C’est la preuve de sa victoire sur le péché. C’est le seul moyen donné par Dieu pour que le pécheur qui se repent soit déclaré juste

En effet, Dieu était en Christ: il réconciliait le monde avec lui-même en ne chargeant pas les hommes de leurs fautes, et il a mis en nous la parole de la réconciliation 2 Corinthiens 5.19

Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous afin qu’en lui, nous devenions justice de Dieu. 2 Corinthiens 5.21

Au moment de la mort, inutile de se présenter devant Dieu le juge avec la justice gagnée en respectant la loi. En fait on n’arrive pas vraiment à la respecter
Mais seulement avec la justice de Dieu donnée par la foi en Christ

Le Christ crucifié et ressuscité au centre de la prédication de Paul

C’est l’axe central de sa prédication.. Il le fait toujours valoir face à ceux qui essaient d’imposer une autre et prétendue meilleure façon de servir Dieu – un autre Evangile.

Face aux judaïsants : ils enseignaient aux nouveau convertis qu’ils pouvaient atteindre la perfection devant Dieu en étant circoncis et en suivant tous les préceptes de la loi

Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ et Jésus Christ crucifié. 1 Corinthiens 2.2

O Galates, dépourvus de sens ! Qui vous a fascinés, vous, aux yeux de qui Jésus Christ a été peint comme crucifié. Galates 3.1

Face aussi à la gnose, « la connaissance », du monde grec et romain, la recherche d’informations religieuses et philosophiques privilégiées, hors de la portée du commun des mortels, pour atteindre soi-disant les plus hauts niveaux de spiritualité

Au centre de la vraie connaissance, une vie orientée sur l’essentiel

Connaître le Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances  Philippiens 3.10

Connaître le Christ : pas seulement comme un personnage historique, en lisant le récit de sa vie. Pas de manière seulement humaine.

Ainsi, désormais, nous ne percevons plus personne de manière humaine; et si nous avons connu Christ de manière purement humaine, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. 2 Corinthiens 5.16

Profondément, personnellement, comme le Seigneur vivant, ressuscité

Le connaître dans la puissance de sa résurrection et en même temps dans la communion de ses souffrances

En expérimentant dans la transformation de nos vies la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances

Puissance de la résurrection et communion des souffrances sont liées. Un seul article pour les deux dans l’original grec. Le Christ les a vécues toutes les deux. On ne peut les séparer, choisir l’une et pas l’autre.

La puissance de la résurrection, c’est la puissance de Dieu qui a ressuscité Jésus de la mort le matin de Pâques

Cette puissance, il l’a déployée en Christ quand il l’a ressuscité et l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes. Ephésiens 1.20

Paul désire la puissance de résurrection. Pas pour devenir lui-même puissant. Mais pour être rendu conforme à la volonté de Dieu, en accord avec la volonté de Dieu dans sa vie.
Cette puissance spirituelle commence à la conversion.

Elle continue à agir de manière progressive dans la vie physique, morale et spirituelle dans le combat contre le péché au cours de la sanctification.

Elle transforme peu à peu à l’image du Christ

Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire comme par le Seigneur, l’Esprit. 2 Corinthiens 3.18

Jusqu’à la transformation de nos corps mortels en corps glorieux

Il (Dieu) transformera notre corps de misère pour le rendre conforme à son corps glorieux par le pouvoir qu’il a de tout soumettre à son autorité. Philippiens 3.21

Quand Christ, notre vie, apparaîtra, alors vous apparaîtrez aussi avec lui dans la gloire. Colossiens 3.4

Pas de puissance de résurrection sans communion aux souffrances du Christ.

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les souffrances du Christ

Lui, le Christ a vécu les deux. Ce sont les phases d’une même expérience

Il ne s’agit pas de mourir sur la croix comme le Christ rédempteur, pour expier les péchés du monde. Lui seul le pouvait, puisqu’il était à la fois Dieu et homme, sans péché.

Une mort au péché et à soi-même

La communion avec Christ dans ses souffrances et sa mort, c’est une prise de conscience spirituelle, une lutte contre le péché, une mort au péché et à soi-même dans la vie quotidienne.

Christ est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes; maintenant qu’il est vivant, c’est pour Dieu qu’il vit. De la même manière, vous aussi, considérez-vous comme morts pour le péché et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ [notre Seigneur]. Romains 6.10-11

Une souffrance pour la cause du Christ

C’est aussi une souffrance à cause du Christ, une souffrance pour le bien des autres, une souffrance parce qu’on avertit et que ce n’est pas accepté.

Paul l’a vécue et soufferte de plusieurs manières :

– certains Juifs s’opposaient brutalement à la proclamation de l’Évangile,
– d’autres venaient dans les Églises pour perturber les chrétiens avec un autre Évangile
– certains chrétiens (à Corinthe) se conduisaient d’une manière indigne, pire que les païens.

Il le résume ainsi

Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous et je supplée dans ma vie à ce qui manque aux peines infligées à Christ pour son corps, c’est-à-dire l’Église. Colossiens 1.24

C’est l’avertissement que Jésus donnait à ses disciples :

Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite: ‘Le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur.’ S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. Jean 15.20

Réflexion à poursuivre et à s’approprier

De nos jours, en Occident, la persécution est assez légère : railleries, une certaine mise à l’écart de la société, des refus pas toujours justifiés de locaux pour le culte ou pour des réunions.

Mais ailleurs et récemment, des chrétiens sont morts en martyrs. Pensons aux coptes d’Égypte massacrés récemment et aux chrétiens d’Orient persécutés à mort.
N’oublions pas non plus les martyrs protestants du 16e s. en Europe. Ils sont morts parce qu’ils suivaient le Seigneur, ils conformaient toute leur vie à son appel.

Dans les pays d’Occident encore relativement protégés, les chrétiens ne se sentent pas prêts (et moi non plus) au martyre, à la communion aux souffrances du Christ en devenant conforme à lui dans sa mort.

Quant à la puissance de la résurrection, il ne faudrait pas se tromper à son sujet. Cette puissance appartient au  Seigneur. C’est une arme qu’il  accorde au chrétien pour le combat spirituel, pour la lutte contre les mauvais esprits dans les lieux célestes.

Contrairement à ce que  prétendent certains mouvements chrétiens, et les paroles de certains chants,  ce n’est pas l’arme absolue dont l’homme pourrait disposer, sans limites et à sa guise  contre ses adversaires ici, sur terre.

Car nous n’avons pas à lutter contre des êtres humains, mais contre les puissances spirituelles mauvaises du monde céleste, les autorités, les pouvoirs et les maîtres de ce monde obscur. Ephésiens 6.12

 

Ce que le Seigneur demande de nous :

Si ce n’est pas encore fait, tournons nous vers Jésus dans la repentance.

Il est mort sur la croix à cause de nos péchés. La justice qu’il a reçue de Dieu par la résurrection est la seule qui sauve, qui justifie. Et il nous la donne gratuitement

Si nous sommes chrétiens, avançons dans la sanctification.

Si nous participons aux souffrances et à la mort du Christ, par la lutte contre le péché, la mort au péché, par une vie humble de service comme la sienne sur terre, Dieu exercera dans nos vies, dans l’Église, corps du Christ, sa puissance de résurrection.

C.S.