Indices d’un monothéisme trinitaire dans le Nouveau Testament

Sur quelles bases s’appuyer pour chercher des indices d’un monothéisme trinitaire dans les témoignages du Nouveau Testament ?  Dans l’Eglise primitive, l’expression « Trinité » n’apparaît pas jusqu’à Tertullien en 215. La notion elle-même est étrangère à la  vision du monde  juive et païenne de l’époque.

Difficulté d’une réflexion sortant d’une vision fermée du monde

Avant toute spéculation, il faut au moins une idée, même vague, même ténue qui serve de point de départ et d’appui à la réflexion. Et c’est encore plus difficile si la vision du monde est tellement fermée sur une notion déterminée qu’elle en exclut à priori toute autre.

Bref, comment faire entrer dans la tête d’un juif attaché au monothéisme strict, absolu, l’idée qu’il pourrait exister non trois divinités mais un seul être divin capable de penser et agir sans confusion en trois personnes distinctes. Les autres modes de pensée, le paganisme, la religion naturelle ou la philosophie, dépasseront sans doute, du moins pour certaines, le polythéisme élémentaire, les triades de divinités. Elles n’atteindront jamais une conception plus élevée que celle d’un Dieu unique.

Les miracles de Jésus à l’origine d’évaluations opposées

L’étonnement devant les miracles de Jésus, devant ses pouvoirs surnaturels a sans doute été le point de départ de ces évaluations. Mais elles aboutissent souvent à des appréciations diamétralement opposées selon la position adoptée.  Ainsi le même fait est rapporté dans les évangiles synoptiques, Jésus chasse un démon :

Comme ils s’en allaient, voici, on amena à Jésus un démoniaque muet. Le démon ayant été chassé, le muet parla. Et la foule étonnée disait: Jamais pareille chose ne s’est vue en Israël. Mais les pharisiens dirent: C’est par le prince des démons qu’il chasse les démons. Matthieu 9:32-34

Cela suscite deux réactions franchement opposées. La foule est étonnée, intriguée
Jamais pareille chose ne s’est vue en Israël  Matthieu 9.33.
Elle est aussi pleine d’admiration devant son enseignement pendant la fête des Tabernacles,
Le Christ, quand il viendra, fera-t-il plus de miracles que n’en a fait celui -ci? Jean 7.31.
En revanche les autorités sont méprisantes et accusatrices. Elles veulent se débarrasser de l’évidence du miracle en prétendant que c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons. Matthieu 9.34.

Au-delà de l’apparence, des suppositions construites par l’esprit humain, il faut que Dieu se révèle lui-même dans sa dimension trinitaire. C’est ce que Jésus, explique à Pierre qui l’avait déclaré Messie, Fils du Dieu vivant. Cette révélation que tu exprimes là n’est pas du domaine naturel (la chair et le sang) mais elle est d’origine divine, elle t’est donnée par mon Père qui est dans les cieux. Matthieu 16.16-17.

Jésus-Christ « Fils de Dieu, Messie »

« Fils de Dieu ». Les rois d’Israël avaient le droit de revendiquer ce titre de fils de Dieu« Messie » ou Oint. Les prêtres et les rois qui recevaient l’onction d’huile étaient de véritables oints. Il y en avait aussi pas mal de faux.Ces deux titres accordés à des personnes différentes, le roi et le prêtre, sont réunis en Jésus-Christ. Il  est à la fois roi, prêtre et aussi prophète.

Une revendication de l’égalité avec Dieu

Revendiquer l’égalité avec Dieu, comme le fait Jésus, c’est inconcevable pour un Juif. Non seulement Jésus l’a fait mais il en avait le droit, car il l’a démontré. Il a proclamé le pardon des péchés, prérogative appartenant à Dieu seul

Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Lève -toi, dit -il au paralytique, prends ton lit, et va dans ta maison. Matthieu 9:6.

Il a affirmé sa préexistence, « avant Abraham ». Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis. Jean 8:58. Il s’est déclaré source de l’eau vive, origine de toute vie véritable

Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s’écria: Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. Jean 7.37-38.

Il est descendu du ciel, porteur des attributs de Dieu, en particulier de son autorité.

 Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel. Jean 3.13.

Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est de la terre, et il parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, il rend témoignage de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage. Celui qui a reçu son témoignage a certifié que Dieu est vrai.

Car celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l’Esprit avec mesure. Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle. Celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. Jean 3:31-36

Il s’est dit Fils de Dieu, dans une relation intime et profonde avec Celui qu’il appelle son Père. Il est seul à le connaître intimement et seul capable de le faire connaître

Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père. Personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. Matthieu 11.27.

Pendant son procès, lorsqu’il comparait devant le grand prêtre d’Israël, Jésus revendique son égalité avec Dieu, son origine divine,

Vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Matthieu 26.64.

Le grand prêtre d’Israël se trompe donc lourdement lorsqu’il crie au blasphème.