Communication efficace

 L’Éternel m’adressa la parole, et il dit: « Écris la prophétie: Grave-la sur des tables, Afin qu’on la lise couramment. Car c’est une prophétie dont le temps est déjà fixé, Elle marche vers son terme, et elle ne mentira pas; Si elle tarde, attends-la, Car elle s’accomplira, elle s’accomplira certainement » Habakuk 2.2-3

Littéralement « afin qu’il coure, celui qui lit »
Écris assez gros pour qu’on puisse le lire; même en passant à la course;
ou pour que celui qui lit se mette à courir, parce qu’il se rend compte que le temps est proche.
Dieu attache de l’importance à une bonne communication, à une transmission efficace de sa Parole. L’écrit est prioritaire. Aujourd’hui, en plus, on a à disposition les moyens audiovisuels, à utiliser avec discernement et efficacité.

Intervention de Dieu au temps fixé

Le verset 3 introduit encore le message : Littéralement,

Car la vision est encore pour un temps fixé et elle souffle (halète ou soupire) vers la fin et elle ne sera pas trompeuse. Si elle tarde, attends-la, car elle vient sûrement, elle ne sera pas différée

Dieu a fixé un temps pour intervenir. Il ne révèle pas tout de suite le contenu de la prophétie…Il avertit d’abord : elle aura l’air de tarder, les événements désastreux de l’invasion chaldéenne dureront longtemps, il faudra donc de la patience.
Dans les jours difficiles, quand tout va mal, quand le méchant l’emporte, quand Dieu semble loin ou indifférent, la seule solution est de se rappeler ses promesses et de décider de lui faire confiance.
Cette prophétie qui halète, soupire vers la fin, sera accomplie par la chute de Babylone, en 539 et par le retour des Israélites dans leur pays 70 ans plus tard. Elle concerne aussi les temps de la fin.
Alors tout orgueil humain, tout pouvoir du monde qui s’opposent à Dieu, et dont Babylone est l’image- type, seront détruits. Alors il ne restera plus que l’Église triomphante réunie autour du Seigneur glorieux, la Jérusalem céleste, la Cité de Dieu fondée sur l’humilité, selon le beau livre de S. Augustin.

Enflé d’orgueil ou dégonflé de peur ?

Au verset 4, on a deux traductions différentes probablement à cause du changement de place de deux consonnes en hébreu : afal = enfler et alaf , défaillir, flancher, se dégonfler

Voici, son âme s’est enflée, elle n’est pas droite en lui; mais le juste vivra par sa foi. (Nouvelle Edition de Genève)
Si quelqu’un flanche, il n’est pas droit de cœur, mais le juste vivra grâce à sa foi. (Version du Semeur)

Voici, enflée, ou défaillante, pas droite son âme en lui, mais juste dans (ou par) sa foi (ou fidélité) vivra. Traduction littérale

Quelqu’un dont l’âme est enflée – on pense à l’orgueil (Nouvelle Edition de Genève)
– ou quelqu’un qui défaille, flanche, ne tient pas le coup… se dégonfle. (Version du Semeur)

Enflé d’orgueil fait penser aux Babyloniens et à leur armée puissante qui détruit tout sur son passage. Ou peut-être au mauvais roi et à ses conseillers qui se croient forts parce qu’ils comptent sur leur alliance politique avec l’Égypte. L’orgueilleux, c’est celui qui s’appuie sur ses propres œuvres, sur ses réalisations personnelles pour se passer de Dieu ou alors pour gagner son salut, pour plaire à Dieu.

Flancher, défaillir convient mieux au contexte : Habakuk …parle plutôt aux Israélites, aux habitants de Jérusalem en particulier. Ils ont gardé le souvenir du terrible siège de Jérusalem au temps du roi Ezéchias un siècle plus tôt (Esaïe 36-37 et 2 Rois 18-19) et viennent de subir la récente campagne de Nabuchodonosor à travers le pays. Et cela pourrait recommencer ! en pire…!

Le prophète n’appelle plus à la repentance nationale pour éviter la catastrophe. C’est trop tard. Le peuple sera puni de son péché par les Babyloniens.
Dieu avait décidé de détruire la nation, depuis les abominations commises par le roi Manassé. Malgré sa piété et son obéissance, Josias, son petit fils, n’a rien pu changer. Dieu lui a seulement promis qu’il ne verrait pas ces malheurs pendant sa vie…(2 Rois 23.25-26)

Alors si c’est comme ça, si le jugement de Dieu est certain, s’il n’y a plus rien à faire, si le malheur, l’invasion, la destruction sont inévitables, pourquoi ne pas tout laisser tomber… ?

NON ! Quand le jugement est certain, que la seule question est : « comment sauver ma vie, comment échapper à la colère de Dieu ? « , Habakuk répond : Le juste vivra par sa foi !

La foi ou confiance en Dieu malgré la situation désespérée.

Mais aussi la fidélité, la foi qui dure, résiste aux circonstances opposées, à l’usure du temps.

Tous ceux qui ont mené une vie juste ne sauveront pas leur vie terrestre. Beaucoup mourront en même temps que les impies et les idolâtres pendant le siège de 598. Plus encore pendant la destruction de la ville et du Temple en 586 avant J.C..

Le juste vivra par sa foi

Mais le juste, celui qui garde foi et confiance, Dieu lui accordera la vie, le salut pour l’éternité.
Ce n’est pas l’obéissance à la Loi de Moïse, en fin de compte impossible à réaliser.
C’est une foi qui dépasse la vue, une foi qui ne se limite pas au résultat immédiat, mais regarde au delà, c’est une espérance qui s’appuie fermement sur les promesses de Dieu.

Un message proche de l’Évangile

Le message d’Habakuk est tout proche de l’Évangile : le juste a la foi et sa foi le sauve. Cela, un homme de l’Ancien Testament l’a déjà vécu : Abraham fit confiance à l’Éternel et l’Éternel le déclara juste (Genèse 15.6). Cependant, seule la mort du Christ établit un véritable lien entre justice et foi. Justice parce que Jésus est mort pour nous à cause de nos péchés. Il a payé notre dette envers Dieu. Foi parce si nous mettons toute notre confiance dans le Christ qui nous a libérés de la dette de notre péché, Dieu nous considère comme justes.

Le juste vivra par la foi est le principe de base de la foi chrétienne.

L’apôtre Paul le cite et l’explique deux fois dans la lettre aux Romains 1:17; et dans celle aux Galates 3:11; mais nous allons en retrouver l’application dans la lettre aux Hébreux.

C.S.