Doctrine de la Trinité : concilier l’unité de la divinité et la distinction des personnes

Il n’a pas été évident pour l’Eglise primitive de comprendre que dans l’être de Dieu résident à la fois l’unité de la divinité et la distinction des personnes. D’où les tâtonnements successifs et les hérésies jusqu’à ce qu’en 325 le concile de Nicée fixe la doctrine de la Trinité. Celle-ci sera précisé en 381au Concile de Chalcédoine, en ce qui concerne la personne du Saint-Esprit.

Deux hérésies antitrinitaires

Le modalisme

Croyant concilier la foi en un seul Dieu avec la divinité du Christ et de l’Esprit, le modalisme prétend que Dieu agit dans l’histoire  selon trois manifestations successives: Père comme créateur et législateur dans l’Ancien Testament, Fils comme rédempteur pendant sa vie terrestre, Esprit pour la sanctification de l’Eglise jusqu’à la fin des temps.

L’arianisme

L’arianisme, lui, a des racines dans le platonisme, et aussi chez deux Pères de l’Eglise, Tertullien et Origène qui subordonnent le Fils au Père du point de vue de son essence. L’arianisme exclut à la fois la préexistence de Jésus et sa divinité à l’égal du Père.

Définition de la doctrine de la Trinité

Avant d’être établie comme vérité dogmatique par les Conciles de Nicée et Constantinople, la doctrine de la Trinité est définie ainsi :« C’est l’union de trois personnes ou hypostases, Père, Fils et Saint-Esprit en une seule essence divine (Ousia), trois personnes aux individualités, co-éternelles, égales, inséparables interdépendantes, éternellement unies et cependant distinctes ».

Origine de la doctrine de la Trinité

La doctrine de la Trinité prend d’abord racine dans les affirmations des Apôtres

la préexistence du Christ avec, sous l’angle divin, la prééminence de son œuvre dans la création

Le Fils est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. Colossiens 1.15-16

la plénitude de sa divinité sous forme corporelle

Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Colossiens 2.9

l’égalité d’essence avec Dieu et, du point de vue humain, son œuvre particulière en faveur des pécheurs

Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus -Christ:existant en forme de Dieu, il n’a point regardé son égalité avec Dieu comme une proie à arracher, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et il a paru comme un vrai homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l ‘a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus -Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. Philippiens 2:5-11.

Identification de l’Esprit

L’identification du Saint-Esprit parmi les trois personnes a été plus lente à établir.

Mais le Saint-Esprit était déjà reconnu comme une personnalité distincte du Père

De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables; et celui qui sonde les coeurs connaît la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. Romains 8.26-27.

et distincte du Fils

Cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies. Dieu l ‘a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il soit retenu par elle. Actes 2:23-24

Consubstantialité des personnes

Il a cependant fallu attendre S. Augustin et son De Trinitate pour que soit confirmée la consubstantialité des personnes, c’est à dire leur égalité et leur unité du substance, de nature et que soit établie, avec la théorie des relations, à la fois l’unité d’essence et la diversité des actions particulières à chacune d’elles.

C.S.

Arianisme

particulier à Antioche, en 319, mais qui gardait des partisans. Le premier arianisme adopte le point de vue d’Origène : le subordinatianisme, selon lequel

Modalisme

Le modalisme (ou sabellianisme) est un vocable moderne qui désigne, dans le cadre du christianisme ancien, une forme — peut-être la plus avancée — d’unitarisme